Prenez donc Nutri-Score au pied de la lettre !

Il est désormais bien établi qu’une alimentation moins riche en sucre, graisses saturées, sel et énergie, mais contenant plus de fibres ou de fruits et légumes est associée à une meilleure santé. Mais il n’est pas toujours facile pour le consommateur de s’y retrouver. Un label figurant sur l’emballage du produit est apparu comme une possible solution. Il aide le consommateur à choisir les produits de meilleure qualité nutritionnelle, et pourrait inciter les firmes alimentaires à améliorer la qualité nutritionnelle de leurs produits.

C’est l’objectif du Nutri-Score, qui classe les produits en 5 catégories (5 couleurs) selon leur qualité, définie par le score FSAm-NPS (Food Standards Agency nutrient profiling system). Ce dernier classe la qualité nutritionnelle des aliments sur les quantités d’énergie, de sucres, d’acides gras saturés, de sodium, de fibres et de protéines contenues dans 100 g.

Le Nutri-Score a été adopté officiellement en 2007 par la France, suivie par la Belgique, l’Espagne, l’Allemagne, la Hollande, la Suisse et le Luxembourg. Actuellement l’Union européenne étudie la possibilité d’utiliser uniformément cet étiquetage dans tous ses pays. Les évaluations ont montré que les aliments « bien notés » sont associés à une meilleure santé et à une réduction du risque de cancer. Toutefois, il n’existe pas encore de preuve incontestable de ce lien avec une réduction de la mortalité.

Mortalité moindre quand le score est faible

C’est pourquoi une étude internationale a été menée. Il s’agit d’une étude de cohorte populationnelle, incluant plus de 500 000 participants issus de 10 pays européens, suivis pendant 17,2 ans en moyenne. Des questionnaires diététiques leur ont été proposés pour connaître leurs habitudes alimentaires, puis le score FSAm-NPS a été calculé pour chaque item et réduit à une moyenne pour chaque participant. Plus le score est élevé, plus la qualité nutritionnelle des aliments est faible.

Le Nutri-Score semble tenir ses promesses puisque les personnes dont le score FSAm-NPS est le plus élevé ont une augmentation du risque de mortalité toutes causes (Hazard Ratio HR 1,07 ; intervalle de confiance à 95 % IC 1,03 à 1,10), de la mortalité par cancer (HR 1,08 ; IC 1,03 à 1,13). Le taux absolu de mortalité toutes causes, standardisé par l’âge pour 100 000 personnes et sur 10 ans est de 760 (hommes : 1 237 ; femmes : 563) pour ceux dont le score FSAm-NPS est le plus élevé (qualité nutritionnelle faible) et de 661 (hommes : 1 008 ; femmes 518) pour ceux dont le score est le plus faible (bonne qualité nutritionnelle).

Les résultats sont cohérents pour tous les pays, ce qui suggère que le FSAm-NPS et le Nutri-Score qui en découle sont des outils intéressants pour déterminer la qualité nutritionnelle des produits alimentaires, quelles que soient leur catégorie et les spécificités alimentaires nationales. Pour les auteurs, cela est important, compte tenu des débats qui agitent l’Union Européenne au sujet de l’uniformisation de l’étiquetage alimentaire.

Dr Roseline Péluchon

Références
Deschasaux M. et coll. : Association between nutritional profiles of foods underlying Nutri-Score front-of-pack labels and mortality: EPIC cohort study in 10 European countries.
BMJ 2020; 370:m3173
doi.org/10.1136/bmj.m3173

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Vos réactions (2)

  • Du culot

    Le 21 septembre 2020

    Il faut du culot pour compter en négatif l'apport calorique d'un aliment dont la fonction de base et irremplaçable est justement d'apporter l'énergie nécessaire au corps humain ! D'ailleurs quand le Nutriscore est marqué bon, on peut parier que cet encouragement aboutira chez les personnes à risque à en surconsommer d'autant plus...

    Dr Jean-Paul Boiteux

  • insuffisant.

    Le 22 septembre 2020

    Il aurait été plus intéressant d'obliger à mettre la composition développée des aliments.
    Le nutri score est limité. Par exemple, ne pas distinguer dans les AG saturés les chaînes longues et moyennes, pose question. Par ailleurs, on parle de plus en plus des additifs et transformations, utilisés par l'industrie.

    Dr Christian Trape

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