Psychothérapies contre la dépression, on devrait pouvoir faire mieux

Parce que les cliniciens et les patients « ont besoin de connaître la proportion de patients pouvant bénéficier d’une psychothérapie », une étude réalisée en collaboration par des chercheurs des Pays-Bas et du Japon vise à évaluer, chez des patients déprimés recevant une psychothérapie, le pourcentage des sujets pour lesquels cette thérapie se révèle efficace.

À cet effet, les auteurs ont effectué une méta-analyse, en retenant dans les bases de données médicales 228 essais randomisés (dont 75 avec « un faible risque de biais ») comparant la réponse à la psychothérapie contre la dépression à des situations « témoins » telles que prise d’un traitement habituel ou d’un placebo ou être encore sur liste d’attente. Seules les thérapies appliquées dans au moins dix essais thérapeutiques ont été incluses dans cette méta-analyse. Les auteurs ont obtenu les résultats (sur l’issue de la psychothérapie, favorable ou non), soit directement dans les études, soit –quand ces informations n’y figuraient pas de façon explicite– en utilisant « une méthode validée pour estimer ces proportions. »

Un tiers des patients améliorés

On constate un taux de réponse favorable (définie par une réduction des symptômes de 50 %) avec les psychothérapies à 2 mois (±1 mois) de 41 % (intervalle de confiance à 95 % IC95 38 %–43 %), versus 17 % (IC95 15 %–20 %), pour les soins habituels (sans psychothérapie) et versus 16 % (IC95 14 %–18 %), pour les patients encore en liste d’attente. Aucune différence significative entre les divers types de thérapies n’a été observée dans cette méta-analyse. Environ « un tiers des patients sont améliorés » après le traitement incluant une psychothérapie, contre seulement 7 à 13 % chez les sujets-contrôle (absence de psychothérapie ou liste d’attente). Et pour ces mêmes catégories de patients, les taux d’aggravation sont respectivement de 5 % après la thérapie, contre 12 à 13 % (sujets traités sans psychothérapie ou en liste d’attente).

S’ils reconnaissent que les psychothérapies pour contrer une dépression se révèlent certes « efficaces par rapport aux situations témoins » (absence de thérapie ou mise en liste d’attente), les auteurs déplorent toutefois que plus de la moitié des patients recevant une thérapie ne répondent pas et que « seulement un tiers se trouve amélioré ». Pour accroître ces taux de rémission (objectivés notamment à l’échelle de dépression de Hamilton) [1], ils estiment donc que des stratégies de traitement plus efficaces sont clairement nécessaires.

[1] http://medicalcul.free.fr/depressionhamilton.html  


Dr Alain Cohen

Référence
Cuijpers P et coll.: The effects of psychotherapies for depression on response, remission, reliable change, and deterioration: A meta-analysis. Acta Psychiatrica Scandinavica; 2021: 140: 288–299.

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Vos réactions (1)

  • Un tiers de plus c'est pas mal

    Le 10 septembre 2021

    Certains médicaments obtiennent une AMM pour des améliorations bien inférieures à 41%. Certes on peut toujours faire mieux mais il est intéressant de voir les psychothérapies, toujours non remboursées dans certaines indications encadrées, obtenir un aussi bon résultat à deux mois.

    Dr Pierre-André Coulon

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