Quand la dépression précède l’infarctus…

Malgré des « avancées remarquables » dans sa prévention et pour son pronostic, l’infarctus du myocarde demeure un important problème de santé pour les sujets concernés, ainsi qu’un « fardeau écrasant » pour les systèmes de santé des pays occidentaux, rappellent les auteurs d’une étude réalisée à l’hôpital universitaire d’Aarhus (au Danemark) et consacrée à l’impact d’une dépression antérieure sur le risque de mortalité consécutive à un infarctus du myocarde.

Reposant sur les registres médicaux danois, cette étude de cohorte a recensé tous les patients (n = 170 771) suivis pour un infarctus (inaugural) entre juillet 1995 et février 2014, et pour lesquels des données fiables étaient disponibles. Parmi ces patients, 6 015 d’entre eux (soit 3,5 %) souffraient d’une dépression, diagnostiquée avant la survenue de cet infarctus. La durée moyenne du suivi (median follow-up) est de 1 460 jours pour les patients non diagnostiqués comme déprimés (âge médian : 71 ans), et de 855 jours pour ceux avec dépression associée (âge médian : 72 ans).

Les auteurs observent une « faible augmentation du risque de mortalité » (toutes causes confondues) chez les patients avec un diagnostic préalable de dépression, comparativement à ceux sans dépression associée. Plus précisément, les risques relatifs de mortalité sont multipliés par 1,11 ; intervalle de confiance à 95 % ; IC95 [1,07–1,15] en cas de dépression connue avant l’infarctus du myocarde, et sont multipliés par 1,22 IC 95 [1,17–1,27], quand les patients recevaient déjà des médicaments antidépresseurs (ce qui laisse présumer que les troubles dépressifs étaient probablement plus sévères).

Cette étude vient aussi confirmer, une nouvelle fois, le caractère global de la médecine où les frontières entre disciplines sont poreuses, car le découpage classique en spécialités prétendument distinctes n’est en réalité qu’une apparence fictive, comme l’illustre ce lien inattendu entre la cardiologie et la psychiatrie.

Dr Alain Cohen

Références
Sundbøll J et coll.: Impact of pre-admission depression on mortality following myocardial infarction. Br J Psychiatry 2017-5; 210: 356–361.

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