Quelles associations familiales entre le cancer de la prostate et d’autres cancers ?

Le cancer de prostate (KP) est le plus « familial » des cancers : 22 % des hommes qui en sont porteurs ont un père ou un frère atteints de KP. On n’a pas pourtant pu mettre en évidence de mutation génique porteuse à coup sûr de la maladie. Seul, le cancer du sein (KS) a montré une association familiale avec le KP, en cas de mutation du gène BRCA2.

Les auteurs allemands et scandinaves ont utilisé le registre des données des cancers familiaux suédois (plus de 15 millions de dossiers) pour rechercher des associations de cancers. Ils ont trouvé 23 cancers avec cas familiaux. Ils ont surveillé la survenue de cancer chez les rejetons de ces personnes (dont les plus âgées étant nées en 1932).

Le taux de survenue de cancer chez les parents atteints et celui des parents non atteints a été comparé en personnes-années.

On a ainsi pu constater, chez les familles dans lesquelles > 3 hommes étaient porteurs d’un KP, un risque relatif élevé de certains cancers, notamment du rein, du système nerveux central (SNC), des glandes endocrines (en dehors de la thyroïde) et des myélomes (plus que doublé et même sextuplé si les porteurs de KP ont > 70 ans). Le risque de survenue de cancer pour ces tumeurs augmente avec le nombre de KP dans la famille. L’augmentation est un peu moins flagrante pour les KS féminins (facteur multiplicatif de 1.37 dans les familles à 3 KP). Des études dans d’autres pays ont pointé une association entre KP et mélanomes. Dans les familles à 3 KP, le risque d’un 4ème KP dans la famille est multiplié par 8.

Les auteurs ont fait la démarche inverse en établissant le risque de KP chez les hommes dont des proches parents étaient porteurs d’autres cancers. Ils ont constaté que la présence de deux tumeurs du SNC majorait par un facteur 1.6 le risque de survenue de KP, sans qu’on ait proposé d’explication satisfaisante. Tout ce que l’on peut affirmer, en l’absence de gène précis et de modifications hormonales ou environnementales prouvées, est qu’il existe très probablement des mutations géniques prédisposant au KP.

Ceci doit entraîner un conseil et une recherche génétiques dans les familles multi-éprouvées.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Frank C et coll.: Familial associations between prostate cancer and other cancers. European Urology 2017 ; 71: 162-165.

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