Quelles spécificités homme/femme face à l’AVC ?

On le sait, l’incidence des accidents vasculaires cérébraux (AVC) est plus élevée chez les hommes que chez les femmes. Mais quel est l’impact des facteurs de risque spécifiques au sexe sur cette incidence ? Les auteurs de cette méta-analyse publiée dans le JAMA ont tenté d’apporter des éléments de réponse en déterminant les caractéristiques spécifiques au sexe qui influent sur les risques d’AVC ischémique, d’AVC hémorragique, et sur la mortalité globale par AVC. La recherche s’est portée sur les publications retraçant l’étiologie spécifique des AVC féminins et masculins publiés entre 1985 et 2015, et a abouti à l’inclusion de 78 études au total (70 longitudinales et 8 cas-témoins), soit non moins de 10 187 540 personnes.

Chez les femmes, les risques relatifs associés à un AVC ischémique étaient augmentés de 1,80 par l’hypertension artérielle (HTA) pendant la grossesse. Les risques relatifs d'AVC hémorragique étaient augmenté de 2,24 chez les femmes ménopausées à l'âge d'au moins 55 ans (versus une ménopause entre 50 et 54 ans), et de 5,08 en cas d’HTA pendant la grossesse. Les risques relatifs associés à un AVC de tout type étaient de 1,42 après ovariectomie ; de 0,88  après hystérectomie ; de 1,54 après prééclampsie ou éclampsie ; de 1,51 en cas d’HTA pendant la grossesse ; de 1,62 après un accouchement prématuré ; et de 1,86 après une mortinaissance (versus pas de complications pendant la grossesse). Le risque relatif groupé de mortalité par AVC était majoré de 1,57 en cas d’HTA pendant la grossesse.

Chez les hommes, le risque relatif d’AVC ischémique était augmenté de 1,19 après une thérapie de supression androgénique (TSA) (versus pas de TSA) et de 1,21 après orchidectomie (versus pas d’orchidectomie). Les risques relatifs pour tout type d’AVC étaient de 1,21  avec TSA (versus sans) et de 1,35 lors d’une dysfonction érectile (versus aucun dysfonctionnement).

En somme, les caractéristiques spécifiques aux femmes associées à un risque accru d'AVC incluent les troubles hypertensifs de la grossesse pour l’AVC ischémique, une ménopause tardive et l’hypertension gestationnelle pour l’AVC hémorragique, et pour tout AVC, une ovariectomie et les diverses complications de la grossesse (HG, accouchement prématuré, mortinatalité). A noter que l’hystérectomie pourrait être un facteur de protection contre tout AVC. Les facteurs de risque spécifiques aux hommes englobent l’hormonothérapie de suppression androgénique, l’ablation d’un ou des testicule(s) et la dysfonction érectile.

L’intérêt de cette évaluation des risques d’AVC, outre une meilleure connaissance des risques individuels selon le sexe, est d’envisager une prévention plus précise des AVC en prenant en compte les facteurs de protection spécifiques aux hommes et aux femmes.

Anne-Céline Rigaud

Références
Poorthuis MHF et coll.: Female- and Male-Specific Risk Factors for Stroke. A Systematic Review and Meta-analysis. JAMA Neurol. Janvier 2017 ; 74 (1): 75-81.

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