Repigmentation du vitiligo par la photothérapie : pour combien de temps ?

Le vitiligo est la forme la plus fréquente de dépigmentation cutanée acquise. Il est lié à la destruction ou au dysfonctionnement des mélanocytes épidermiques et du follicule pileux. Cette maladie affecte environ 0,5 à 1 % de la population mondiale des deux sexes et de toutes ethnies, l’affection apparaissant avant l’âge de 20 ans dans la moitié des cas. Deux types sont distingués en fonction de la présentation segmentaire ou non segmentaire, cette dernière étant la plus fréquente avec une distribution symétrique bilatérale des lésions. Ces vitiligos non segmentaires répondent à un mécanisme auto-immun et sont d’évolution imprévisible contrairement aux vitiligos segmentaires, plus stables.

Plusieurs traitements sont proposés visant à stabiliser l’évolution et stimuler la repigmentation : traitements médicaux, photothérapie et chirurgie. La photothérapie par UVB à spectre étroit est une des principales approches. Cependant l’évaluation des résultats de ce traitement est mal standardisée. Le Vitiligo Area Scoring Index (VASI score) est une méthode semi-objective utilisée pour mesurer l’importance de la dépigmentation. Cependant les données sur la persistance de la repigmentation éventuellement obtenue sont limitées.

80 % des cas à un an

Une nouvelle étude a tenté de quantifier la repigmentation après photothérapie UVB à spectre étroit (UVB SE) dans le vitiligo, de préciser les facteurs associés à une réponse favorable et la durée de la réponse après l’arrêt du traitement.

Cinquante-huit malades (21 hommes, 37 femmes ; âge moyen 47,5 ans) ayant suivi des séances de photothérapie UVB SE deux à trois fois par semaine pendant une durée médiane de 12 mois dans le service de dermatologie de l’hôpital Siriraj à Bangkok entre 2012 et 2016 ont été inclus. Quarante-deux avaient un vitiligo non segmentaire et 16 un vitiligo segmentaire. Le niveau de repigmentation a été mesuré par le score VASI qui s’est globalement amélioré chez tous les patients de –50,0 % ± 31,0 % et -40,0 % ± 28,3 % dans les vitiligos non segmentaires et segmentaires respectivement.

Les facteurs de réponse favorables identifiés étaient le type de vitiligo (non segmentaire plus que segmentaire) la localisation (le visage et le cou se « repigmentant »  mieux que le tronc, la moins bonne réponse s’observant aux extrémités et sur les muqueuses) la durée d’évolution (excellente réponse pour les vitiligos d’installation récente) et une durée et un nombre de photothérapies UVB SE précédentes importants. Le genre, l’âge, le phototype et la présence d’une maladie  thyroïdienne ne sont pas apparus associés à la réponse au traitement (p > 0,05).

A un an après l’arrêt de la photothérapie, la repigmentation était maintenue pour 80 % des lésions. Pour les autres le délai de rechute moyen a été de 8,8 mois. L’instabilité de l’évolution du vitiligo suggère la nécessité d’une surveillance prolongée et devrait faire considérer l’opportunité d’un traitement d’entretien éventuellement en association avec un traitement médical.

La photothérapie UVB à spectre étroit est actuellement le traitement de première ligne du vitiligo de l’adulte et de l’enfant. Ses résultats sont acceptables et, selon cette étude reposant il est vrai sur un petit effectif, ils se maintiennent dans le temps.

Dr Gilles Haroche

Référence
Silpa-archa N et coll. : Treatment outcome and persistence of repigmentation from narrow-band ultraviolet B phototherapy in vitiligo. J Dermatolog Treat., 2018: 1-20., DOI: 10.1080/09546634.2018.1544409

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