Résistance aux antibiotiques: quelle perception du grand public ?

Les objectifs de l’étude transversale menée par B. Demoré et coll. en France sont principalement au nombre de deux : (1) évaluer les  connaissances et les comportements de la population concernant les antibiotiques et les résistances bactériennes ; (2) identifier les facteurs socio-démographiques associés à un niveau élevé de connaissance et à des comportements appropriés.

Sur le plan méthodologique, il s’agit d’une enquête transversale réalisée auprès de la population générale du Nord-Est de la France. Elle a reposé sur un questionnaire standardisé à 44 items qui comportait trois parties centrées sur : (1) les  connaissances sur le sujet ; (2) les comportements ; (3) les principales caractéristiques socio-démographiques des participants : sexe, âge, enfants éventuels, niveau éducatif et profession. L’association entre ces dernières et le niveau de connaissance des antibiotiques de même qu’avec les comportements en rapport a été évaluée au moyen d’une analyse bivariée (tests du Chi-2) et d’une analyse multivariée en cas de nécessité (régression logistique). La même approche statistique a été utilisée pour la recherche d’une association entre le niveau de connaissance et les comportements.

Au total, les 200 participants ayant répondu au questionnaire ont fait preuve d’un bon niveau de connaissance des antibiotiques sur plusieurs points : (1) leur manque d’efficacité face à un rhume (75,5 %) ; (2) le risque de leur inefficacité en cas de mauvaise utilisation (93 %) et (3) les effets néfastes de leur consommation excessive sur les résistances bactériennes (92 %). En revanche, certains points se sont révélés moins connus, notamment les effets des posologies différentes et de la durée des traitements sur ces résistances. Des comportements inappropriés ont été fréquemment observés, qu’il s’agisse notamment du non-respect des doses prescrites et de la durée du traitement (35,5 %), mais aussi des pratiques d’automédication (18 %). Les facteurs indépendants associés à un bon niveau de connaissance ont été les suivants : le sexe féminin, l’âge élevé et le fait d’avoir des enfants. Pour ce qui est des comportements appropriés, deux facteurs méritent d’être retenus : un bon niveau éducatif et un âge élevé.

En conclusion, aucune association n’a été mise en évidence entre le niveau de connaissance et les comportements concernant l’antibiothérapie et les risques de résistance. De ce fait, des campagnes nationales d’information du public restent nécessaires pour limiter le mauvais usage des antibiotiques.

Dr Philippe Tellier

Référence
Demoré B et coll.: Public knowledge and behaviours concerning antibiotic use and resistance in France: a cross-sectional survey. Infection 2017 (12 avril). doi: 10.1007/s15010-017-1015-2. Publication avancée en ligne.

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