S’entendre sur la définition de la dépression résistante aux traitements

La dépression sévère (major depressive disorder) est une maladie mentale très fréquente, puisqu’elle concerne « plus de 300 millions de personnes dans le monde », selon une estimation de l’Organisation Mondiale de la Santé (faite en 2017). Les principales conséquences de cette affection sont le risque de suicide (avec un « risque sur la vie entière évalué entre 2 et 15 % ») et sa répercussion préjudiciable, pour la vie quotidienne et professionnelle : invalidité, inaptitude, absentéisme...

Si plusieurs médicaments antidépresseurs sont désormais disponibles, on déplore pourtant que « 30 à 50 % des patients avec un trouble dépressif majeur » ne répondent pas (ou encore trop peu) à ces molécules. Et ce phénomène des dépressions résistantes aux traitements « pose un défi clinique, personnel et économique » : aux États-Unis, on évalue ainsi le coût annuel de ces dépressions résistantes « entre 29 et 48 milliards de dollars » pour le pays, sans parler de la « perte substantielle » en matière de qualité de la vie.

L’émergence d’un consensus

Comme ce problème de société se décline bien sûr à l’échelle planétaire, des chercheurs ont souhaité notamment préciser la question des dépressions résistantes au niveau de la région Asie-Pacifique, en s’appuyant sur une revue de 89 études (publiées en langue anglaise) et de 10 recommandations de bonnes pratiques (guidelines) sur ce thème. Les auteurs constatent « l’émergence d’un consensus » à partir de la littérature médicale internationale : on parle généralement de dépression résistante au traitement pour évoquer une dépression sévère ne répondant pas favorablement à « au moins deux tentatives de traitement par des antidépresseurs prescrits à des posologies adéquates et pendant une durée de 6 à 8 semaines. »

S’entendre (à l’échelle des grandes régions du monde, comme la région Asie-Pacifique évoquée ici, voire au niveau international) sur la définition précise des dépressions résistantes aux traitements permettrait de mieux identifier les patients concernés, afin de pouvoir leur proposer des interventions appropriées, susceptibles de promouvoir une meilleure qualité de vie et une évolution plus favorable.

Dr Alain Cohen

Référence
Ng CH et coll.: Definition of treatment-resistant depression – Asia-Pacific perspectives. J Affect Disord., 2019 ; 245 : 626–636. doi: 10.1016/j.jad.2018.11.038

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