Six généralistes sur 10 ne vaccinent pas leurs enfants comme leurs patients

Une étude récente a fait apparaître des contradictions dans le comportement des généralistes français en ce qui concerne les vaccins : elle montrait en effet qu’ils n’avaient pas la même attitude quand il s’agissait de vacciner leurs propres enfants ou leurs patients. Les divergences portaient surtout sur le vaccin contre l’hépatite B, la deuxième dose du vaccin rougeole-oreillons-rubéole (MMR) et le vaccin contre le papillomavirus.

Toutefois, à peine plus de 10 % des médecins contactés avaient répondu à l’enquête, ce qui limitait sensiblement la portée des résultats.

Une nouvelle enquête a été mise sur pied, sollicitant plus de 3 700 médecins généralistes. Cette fois 46 % des médecins approchés ont accepté de participer, ce qui a permis de collecter les réponses de 1 036 d’entre eux ayant au moins 1 enfant de 2 à 25 ans.

Ils vaccinent leurs enfants mais pas leurs patients ou l’inverse…

Cette fois encore, les contradictions sont évidentes, constatées pour 60 % des répondeurs. Le manque de cohérence le plus fréquent concerne les médecins qui déclarent vacciner leurs enfants mais ne recommandent pas systématiquement la vaccination à leurs patients. C’est le cas pour la vaccination MMR pour les adolescents et jeunes adultes non immunisés (36 % des médecins), pour le vaccin contre le méningocoque C (19 % pour le vaccin à 12 mois, 28 % pour le rattrapage), pour le vaccin contre l’hépatite B chez les adolescents (47 %) et enfin pour le vaccin contre le papillomavirus (27 %).

En revanche, le pourcentage de médecins généralistes qui déclarent recommander systématiquement un vaccin à leurs patients mais ne vaccinent pas leurs propres enfants est plus faible. C’est le cas pour 14 % des répondeurs en ce qui concerne le vaccin contre le méningocoque C à 12 mois et 5 % en rattrapage, 3 % pour le vaccin contre l’hépatite B, moins de 1 % pour le MMR et 3 % pour le vaccin contre le papillomavirus.

Les raisons de ces discordances devront être élucidées, mais déjà quelques facteurs semblent associés à un niveau élevé de contradiction. C’est le cas notamment pour les hommes, les médecins travaillant seuls, ceux pratiquant même occasionnellement une médecine alternative et ceux qui se disent opposés à la vaccination en général. L’analyse des résultats identifie 3 profils :

- Les médecins généralistes avec un faible niveau de discordance (37 %), dont les enfants sont vaccinés et qui vaccinent leurs patients.
- Ceux avec un niveau élevé de discordance (60 %).
- Enfin, ceux qui vaccinent peu, à la fois leurs enfants et leurs patients.

L’importance de ce dernier groupe (3 %) est sensiblement la même que la celle des médecins se disant opposés aux vaccins dans de précédents enquêtes françaises (2,5 %).

La question soulevée par ces résultats est selon les auteurs de savoir si ces discordances dans les comportements des médecins généralistes vis à vis des vaccins relèvent de la défiance croissante vis à vis des vaccins ou d’autres facteurs.

Dr Roseline Péluchon

Références
Agrinier N et coll. : Discrepancies between general practitioners’vaccination recommendations for their patients and practices for thei rchidren.
Clin Microbiol Infect. 2016 ; publication avancée en ligne le 4 septembre. doi: 10.1016/j.cmi.2016.08.019.

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Vos réactions (8)

  • Comment accepter la duplicité du corps médical ?

    Le 09 janvier 2017

    Je ne comprends pas qu'il puisse y avoir discordance entre votre attitude vaccinale vis à vis de votre patientèle et celle de vos enfants ! C'est à mon humble avis d'une incohérence incompréhensible. Tout soignant, hormis les vaccins "obligatoires", se doit de mettre en oeuvre sa conviction personnelle avec la vaccination de ses enfants et sa pratique vis à vis de sa patientèle. La seule exception sur les vaccins "recommandés", porte sur l'écoute et l'acceptation que les parents opposés à la vaccination "recommandée" soient entendues et respectées.
    Pour la fin ... n'oubliez pas que la vaccination joue un rôle de protection personnelle ET collective.
    En ces temps très "autocentrés" peut-on penser à la protection collective ?
    Il est temps que les prochains gouvernants clarifient leur politique de santé publique !
    "Recommandé" - "obligatoire" : voilà le noeud gordien.

    Dr Etienne Paré : médecin de santé publique (après 30 ans d'exercice de soins à la personne)

  • Au nom de la vérité scientifique !

    Le 09 janvier 2017

    Qu'ils vaccinent peu ou prou, les médecins le font à l'aveuglette sous les seules directives des laboratoires et de leurs émissaires. S'il avaient le temps d'approfondir le sujet de façon indépendante, et il faut des mois à temps complet, ils ne vaccineraient plus ! De par les risques pris, la terre s'ouvrirait sous leurs pieds. Et il faut une véritable ouverture d'esprit pour remettre en cause le protocole qui tôt ou tard explosera face à la réalité des faits.

    Serge Rader

  • Pas étonnée

    Le 09 janvier 2017

    Tiens tiens, il y aurait discordance et défiance ?

    Des confrères nous diront pourquoi.

    Marie-France hugot

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