Statines en prévention secondaire, bénéfiques même chez les prédiabétiques

Les statines réduisent effectivement le risque de complications de l’athérosclérose mais augmentent la survenue de nouveaux cas de diabète. Des analyses antérieures ont montré qu’en prévention secondaire, cet inconvénient était largement contrebalancé par l’importance de la réduction évènements cardiovasculaires et des décès.

En contraste, on dispose de peu d’information sur l’effet des statines sur le pronostic cardiovasculaire et la réduction des conséquences du diabète pour la population particulière que constituent les sujets prédiabétiques.

C’est ce qui a conduit Wang et coll. à étudier le problème à partir de 9 055 sujets qui avaient un prédiabète (défini selon les critères de l’International Classification of Diseases, 9th Revision) non traité, et dont les données avaient été réunies par la compagnie d’assurance Taïwanaise ,Taiwan National Health Insurance. Parmi ces 9 055 sujets, 3 288 (âge moyen : 66 ± 9 ans ; femmes : 55 %) avaient été mis sous statines avant la découverte du prédiabète ; tandis que 5 767 (âge moyen : 67 ± 9 ans ; femmes : 51 %) n’étaient pas sous statines.

Par ordre de fréquence décroissant, les statines le plus souvent prescrites étaient : la lovastatine, l’atorvastatine et la simvastatine à la posologie moyenne respective de 21, 10 et 17 mg/jour. La pravastatine et la rosuvastatine ont été prescrites respectivement à la posologie quotidienne moyenne de 17 et 8 mg/jour.

Dans cette population de sujets ayant un prédiabète, au cours d’un suivi moyen de 4,1 ± 2,5 ans, un nouveau cas de diabète et un événement cardiovasculaire majeur (à savoir, infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral ischémique, revascularisation coronaire ou décès) sont survenus respectivement chez 23,5 % et 16,7 % des sujets qui n’étaient pas sous statines et chez 28,5 % et 12,0 % de ceux qui étaient sous statines

La prise de statines s’est trouvée associée à un plus grand risque de survenue de nouveaux cas de diabète (hazard ratio [HR] 1,20 ; intervalle de confiance [IC] 95 %[1,08 à 1,32] ; p <0,001)) et à un moindre risque d’événement cardiovasculaire majeur (HR 0,70 ; IC 95 % [0,61 à 0,80] ;p <0,001) et ce, de manière dose dépendante.

Plus la prise de statine était précoce et prolongée, plus grand était le risque de survenue de nouveaux cas de diabète, mais ce risque était toutefois contrebalancé de façon proportionnelle, par une plus grande réduction du taux d’événements cardiovasculaires majeurs. Par ailleurs, la prise précoce et prolongée de statines s’est accompagnée du plus faible taux d’hospitalisations et de consultations en urgence.

En conclusion, cette étude montre que dans une population de sujets ayant un prédiabète, il existe un parallélisme entre la survenue de nouveaux cas de diabète et l’effet bénéfique du traitement. Toutefois, le bénéfice thérapeutique contrebalance les conséquences du diabète même lorsque la statine a été initiée précocement et poursuivie longtemps.

Dr Robert Haïat

Référence
Wang KL et coll. : Risk of New-Onset DiabetesMellitus Versus Reduction in Cardiovascular Events With Statin Therapy. Am J Cardiol., 2014; 113: 631-636.

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