Tadalafil et prostatisme : tout va mieux

Les symptômes de prostatisme (SP), volontiers (mais non systématiquement) liés à une hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) sont souvent associés avec des troubles érectiles (TE), l’intensité des uns étant souvent corrélée à celle des autres, les deux altérant la qualité de vie.

Le tadalafil, inhibiteur de la 5-phosphodiestérase, a la double indication du traitement des TE et (aux États-Unis) de l’HBP, son effet sur les SP ayant été démontré par plusieurs études randomisées. Les auteurs américains se sont posé la question de savoir si les effets obtenus sur les SP n’étaient pas indirects, psychologiques et secondaires à l’amélioration des TE.

Ils ont donc conduit 4 études randomisées, comparant les effets du tadalafil et d’un placebo, chez des patients porteurs de SP, avec (1 étude) ou sans (3 études) TE. Ils ont vérifié, à l’aide d’un modèle mathématique, si l’amélioration du score IPSS (International Prostate Symptom Score) des SP était liée à celle du score IIEF (International Index of Erectile Function) de la fonction érectile.

Au total, 1 496 hommes ont été recrutés et ont pris du tadalafil à la dose de 5 mg/j pendant 3 mois. L’amélioration du score IPSS a été le principal critère de jugement pour les 3 essais sans TE, et ce score, conjoint avec le score IEFF, dans le 4ème essai, réservé aux sujets sexuellement actifs (86 %). Les scores ont été mesurés avant le traitement et à la fin de celui-ci. Les 1 496 hommes se sont répartis comme suit : 338 sans TE, et 1 158 avec TE, avec, dans les 2 groupes, à peu près autant de sujets sous placebo et sous tadalafil (tirage au sort). Les hommes se plaignant de TE les subissaient depuis au moins un an pour 86 % d’entre eux.

L’intensité moyenne des SP a été au départ considérée comme modérée chez 60 % de la cohorte.

Si on analyse le sous-groupe des malades sans TE, on constate une amélioration des SP à l’issue du traitement de 5,4 points pour le score IPSS. La réponse est très voisine (5,9 points) chez les hommes porteurs de TE. La réponse au placebo de ces 2 groupes est de 2,2 et 2,3 points. Ces résultats ne permettent pas de retenir l’hypothèse selon laquelle ce ne serait que par la médiation des effets bénéfiques sur les TE qu’agirait le médicament au niveau des SP. Seulement 30 % de ces effets seraient attribuables à l’amélioration sexuelle, 70 % étant imputables à l’effet direct sur les SP. On peut même décomposer les 2,26 points d’amélioration en 2,09 points d’effet direct et 0,17 d’effet indirect.

Le tadalafil semble ainsi avoir 2 actions distinctes, sur les signes urinaires, et sur les troubles de l’érection.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Brock GB et coll. : Direct effects of tadalafil on lower urinary tract symptoms versus indirect effects mediated through erectile dysfunction symptom improvement: integrated data analyses from 4 placebo controlled studies. J Urol., 2014;191: 405-411.

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