Température cible après un arrêt cardiaque extra hospitalier : 36°C

La prise en charge des patients ayant survécu à un arrêt cardiaque comprend l’obtention puis le maintien d’une température cible pendant 72 heures chez les patients comateux, afin de limiter les dégâts neurologiques secondaires à la reperfusion cérébrale. Une récente étude multicentrique n’ayant pas montré de différence de survie et de pronostic neurologique entre des températures cibles de 33 et de 36°C après un arrêt cardiaque extra hospitalier, qu’en est-il pour des températures cibles de 34°C ?

Les dossiers médicaux de réanimation de 79 adultes traités pour arrêt cardiaque extra hospitalier avec une température cible de 34°C (n = 38) en 2010 et de 36°C en 2014 (n = 41), ont été revus rétrospectivement dans un hôpital suédois qui avait changé le mode de prise en charge à la suite de publications internationales.

Ont été exclus les patients ayant présenté un arrêt cardiaque intra hospitalier ou de nature non cardiogénique ou ayant récupéré un bon état de conscience avant la mise en hypothermie. L’objectif principal de l’étude était la mesure du taux de mortalité à 30 jours, 90 jours et à 1 an après l’arrêt cardiaque, ainsi que l’état neurologique à la sortie de réanimation, de l’hôpital et à 1 an.

L’hypothermie a été obtenue par refroidissement cutané et par sédation (propofol et fentanyl/remifentanil avec adjonction de midazolam si nécessaire pendant les premières 24 heures). La récupération neurologique a été mesurée par le score de Cerebral Performance Category (CPC) qui est la référence en matière d’évaluation neurologique des arrêts cardiaques : CPC1 et 2 (bonne récupération) et CPC3 + 4 (mauvaise récupération).

Aucune différence de mortalité et de pronostic neurologique entre 34°C et 36°C

Alors que les arrêts cardiaques survenus devant témoin ont été les plus nombreux en 2010 (95 %) qu’en 2014 (76 %) (P = 0,03) et que la réalisation d’une coronarographie a été plus systématique en 2014 (95 %) qu’en 2010 (76 %) (P = 0,02), le nombre de patients se « réveillant » au-delà de 72 heures après l’arrêt cardiaque dès la levée de la sédation, a été identique. Après ajustement pour le sexe, l’hypertension et le nombre d’arrêts cardiaques devant témoin, pas plus la mortalité à 1 an (57 % vs. 51 %, P = 0,77) que le pronostic neurologique à 1 an (CPC 1–2 à 1 an, 38 % vs. 43 % en 2010 et 2014 respectivement, P = 0,85) n’avaient différé entre les deux groupes.

Bien que monocentrique et rétrospective et ne portant que sur de petits effectifs, cette étude qui ne montre aucune différence de mortalité et de pronostic neurologique entre les deux groupes de patients (Températures cibles 34°C et 36°C) après un arrêt cardiaque, s’inscrit dans la continuité de plusieurs autres études. Elle confirme la validité de la température cible de 36°C chez les patients comateux admis en réanimation après un arrêt cardiaque extra hospitalier, évitant de plus les aléas de l’hypothermie.

Dr Bernard-Alex Gaüzère

Référence
Arvidsson L et coll. : Target temperature 34 vs. 36°C after cardiac arrest – a retrospective observational study. Acta Anaesthesiol Scand., 2017 ; 61 : 1176-1183.

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