Tendinite du moyen fessier, ne pas « s’asseoir dessus »…

La tendinite du moyen fessier touche un jour ou l’autre 1 femme sur 4 après 50 ans. Encore parfois appelée bursite trochantérienne ou syndrome douloureux du grand trochanter, elle altère souvent les capacités fonctionnelles et le sommeil et son impact sur la qualité de vie des patients n’est pas négligeable. Les infiltrations de corticoïdes apportent un soulagement, mais celui-ci n’est souvent que de courte durée et les bénéfices à long terme ne semblent guère supérieurs à ceux de l’approche attentiste.

La position actuelle dans le traitement des tendinopathies est d’associer l’éducation, pour alléger la charge sur le tendon durant les mouvements et le repos, et les exercices, ciblés sur le tendon atteint. Cette approche n’avait toutefois pas encore été évaluée pour la tendinite du moyen fessier dans des essais randomisés. C’est désormais chose faite, grâce à une équipe australienne qui a réalisé un essai randomisé en simple aveugle incluant 204 patients âgés de 35 à 70 ans souffrant d’une tendinite du moyen fessier depuis plus de 3 mois, avec un score sur l’échelle d’évaluation de la douleur d’au moins 4/10. Les patients étaient répartis en 3 groupes. Les uns (n = 69) bénéficiaient d’une éducation posturale et d’un programme de 14 cessions d’exercices, délivrés par un kinésithérapeute sur une durée de 8 semaines. Les autres (n = 66) bénéficiaient d’une infiltration de corticostéroïde. Une approche attentiste (« wait and see approach ») était proposée au dernier groupe (n = 69).

Kiné et éducation posturale, la meilleure approche

Sans trop de surprise, les patients du 1er et du 2ème groupe rapportent une amélioration globale et une réduction de l’intensité de la douleur à court terme supérieures à celles ressenties dans le 3ème groupe. A 8 semaines, l’amélioration est supérieure de 49 % pour les patients ayant bénéficié de l’éducation de la kinésithérapie, par rapport à ceux du groupe attentiste, avec un nombre de patients à traiter pour obtenir une différence, de seulement 2. L’amélioration est supérieure de 29 % dans le groupe ayant reçu une infiltration par rapport au groupe attentiste, avec un nombre de patient à traiter de 3,4. Par rapport aux infiltrations, l’amélioration par l’éducation et la kiné est supérieure de 20 %, avec un nombre de patients à traiter de 5. Sur l’échelle de la douleur, cela se traduit à 8 semaines par une douleur moyenne de 1,5 pour les patients ayant bénéficié de la physiothérapie, de 2,7 pour le groupe infiltration et de 3,8 pour le groupe attentiste (rappelons que tous les patients avaient une EVA > 4 au début de l’étude).

A 52 semaines de prise en charge, la physiothérapie fait toujours mieux sur l’amélioration globale que l’infiltration de corticoïde (différence de 20,4 %) et que l’attentisme (26,8 %). Remarquons toutefois que l’EVA ne reflète plus cette différence entre les résultats de la physiothérapie et ceux de l’infiltration, puisque la douleur moyenne est de 2,1 pour le 1er groupe et 2,3 pour le second. Ces deux traitements font toutefois mieux sur l’EVA que l’attentisme, les patients de ce dernier groupe évaluant en moyenne leur douleur à 3,2.

Dr Roseline Péluchon

Références
Mellor R. et coll. : Education plus exercise versus corticosteroid injection use versus a wait and see approach on global outcome and pain from gluteal tendinopathy: prospective, single blinded, randomised clinical trial BMJ 2018;360:k1662

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