Un meilleur profil lipidique en mangeant du poisson

Nombreux sont les arguments épidémiologiques qui plaident en faveur des effets bénéfiques de la consommation de poisson pour la santé, notamment dans le domaine cardiovasculaire. Le profil lipidique, la pression artérielle et la fonction endothéliale seraient autant de points d’impact où le poisson fait mouche. La cause est donc a priori facile à défendre, mais parmi les nombreuses données accumulées au cours des dernières décennies, rares sont les études interventionnelles qui, pourtant, sont les plus démonstratives quand on raisonne en niveau de preuve.

Une revue systématique de la littérature internationale a justement recherché de telles études en interrogeant les bases de données médicales jusqu’en juin 2017 : OVID MEDLINE, Scopus et EMBASE. L’objectif était de procéder à une méta-analyse et d’évaluer ainsi les effets de la consommation de poisson sur les facteurs de risque vasculaire chez des sujets adultes  (age >18 ans). Les critères de jugement primaires étaient essentiellement des biomarqueurs lipidiques : triglycérides, cholestérol total, HDL et LDL-cholestérol. Les nouveaux biomarqueurs du risque vasculaire ont été également inclus parmi les critères primaires. De manière plus secondaire, ont été prises en compte la faisabilité et l’acceptabilité des interventions sous-jacentes. Les données ont été traitées au moyen de modèles à effets aléatoires.

Une élévation modeste du HDL cholestérol

Au total, seuls 14 essais relevant de l’épidémiologie interventionnelle répondaient aux critères d’inclusion et ont été sélectionnés, ce qui représente un effectif de 1 378 sujets. La consommation de poisson n’a eu un impact significatif que sur deux biomarqueurs : (1) les triglycérides dont les concentrations plasmatiques ont diminué de à 0,11 mmol/l; intervalle de confiance à 95 %, IC,  -0,18 à -0,04; p = 0,002) ; (2) le HDL-cholestérol dont les concentrations plasmatiques ont augmenté de 0,06 mmol/l, IC 0,02 à -0,11; p = 0,008). Les autres facteurs de risque vasculaire n’ont pas été influencés par la consommation de poisson.

Cette méta-analyse vient renforcer l’argumentaire qui plaide en faveur d’une alimentation privilégiant, dans une certaine mesure, le poisson. Les études interventionnelles ici réunies suggèrent que la consommation de ce dernier améliore deux biomarqueurs impliqués dans l’athérogenèse, qu’il s’agisse des triglycérides ou du HDL-cholestérol. L’effet semble modeste mais il se peut qu’il ne soit que la partie émergée de l’iceberg, compte tenu du petit nombre d’essais et de la faiblesse de l’effectif total.

Dr Philippe Tellier

Référence
Alhassan A et coll. : Consumption of fish and vascular risk factors: A systematic review and meta-analysis of intervention studies. Atherosclerosis. 2017; 266: 87-94.

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