Une composante vasculaire pour le déclin cognitif associé à long terme au diabète de type 1

Le score calcique est un biomarqueur qui donne une idée du risque cardiovasculaire encouru à long terme, tout particulièrement quand celui-ci a tout lieu d’être élevé compte tenu du contexte clinique et des facteurs de risque. Le diabète, quel que soit son type fait partie de ces situations où le score calcique peut être utile. Ce dernier constitue un outil précieux en épidémiologie, comme en témoignent les résultats d’une étude de cohorte prospective dans laquelle ont été inclus 148 patients d’âge moyen, atteints d’un diabète de type 1 installé depuis l’enfance et recrutés au sein de la Pittsburgh Epidemiology of Diabetes Complications (EDC) Study.

Le score calcique a été mesuré à l’état basal entre 1996 et 1998, puis de nouveau 4 à 8 années plus tard. Par ailleurs, plus tardivement, a été réalisé un bilan neuropsychologique approfondi entre 2010 et 2015 soit au terme de quelque vingt années de suivi. A ce moment, un déficit cognitif cliniquement significatif a été décelé chez plus d’un participant sur quatre (41/148, 28 %). Ce déficit a été défini par l’existence d’au moins deux tests sur sept jugés anormaux, les scores obtenus s’écartant d’au moins 1,5 déviation-standard par rapport aux normes établies dans une population démographiquement apparentée. Les données ont été traitées au moyen d’une analyse par régression logistique multiple avec sélection des variables pour aboutir au modèle statistique optimal.

La progression du score calcique est plus significative que la valeur basale

Lors de la première estimation du score calcique, l’âge moyen était de 37 ans et le diabète évoluait en moyenne depuis 29 ans. Les valeurs élevées de ce paramètre à l’état basal ont été associées à un risque élevé de déficit cognitif, quatorze années en moyenne plus tard. Ainsi, par rapport à un groupe témoin défini par un score d’Agatston nul, le risque, en fait l’odds ratio assorti de son intervalle de confiance à 95 % (IC) a augmenté en fonction des trois groupes de valeurs constatées, soit 0<-100, 100<-300 et >300, les valeurs correspondantes de l’Odds Ratio OR étant respectivement de 1,4 (0,6, 3,6), 2,3 (0,6, 9,7) et 7,9 (1,6, 38,5).

Une analyse multivariée prenant en compte les valeurs initiales et la progression du score calcique a cependant établi que seule l’augmentation du dit score restait significativement associée au risque de déficit cognitif, l’OR étant alors de 1,7 (1,1, 2,9). En cas de score initial >0, la densité des calcifications a été inversement corrélée au risque précédent mais de façon marginale avec un OR de 0,3 (0,1, 1,2) (p=0,078) et après correction en fonction de leur volume.

Cette étude prospective de longue durée plaide en faveur d’une association significative entre le score calcique et le risque de déficit cognitif chez les patients atteints d’un diabète de type 1 évoluant depuis l’enfance. La progression de ce score serait  plus prédictive de ce risque que sa valeur basale. Cette hypothèse qui n’a rien d’invraisemblable doit être confirmée, mais elle n’en souligne pas moins l’importance du facteur vasculaire dans la survenue d’un déclin cognitif, quelle qu’en soit la cause.  

Dr Catherine Watkins

Référence
Guo J et coll. : Greater progression of coronary artery calcification is associated with clinically relevant cognitive impairment in type 1 diabetes. Atherosclerosis. 2019 ; 280:58-65.

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