Vaccin HPV en cours de grossesse, pas plus de risque de fausses couches

La vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) protège contre les infections dues aux papillomavirus les plus dangereux. Elle assure ainsi la prévention des lésions précancéreuses et cancéreuses causées par ces virus, en premier lieu celles du col utérin.

En France, elle est remboursée aux jeunes filles dès l’âge de 11 ans, et « en rattrapage » aux jeunes femmes jusqu’à 19 ans. Par mégarde, elle peut être administrée à une femme enceinte.

Aucune étude spécifique n’a été conduite pendant la grossesse, mais lors du programme de développement clinique du vaccin HPV quadrivalent (16, 18, 6 et 11), près de 4 000 femmes concernées étaient enceintes. La moitié d’entre-elles avait reçu le vaccin alors que l’autre moitié avait reçu un placebo, et il n’y avait eu aucune différence significative sur les types d’anomalies et la proportion de grossesses ayant eu une issue défavorable.

Une étude rétrospective de cohorte, multicentrique, menée aux USAentre 2008 et 2014, compare le risque de fausse couche spontanée pour 2 800 grossesses survenues chez des femmes ayant reçu le vaccin HPV quadrivalent, à trois périodes différentes :

- 919 femmes vaccinées avant la grossesse, entre16 à 22 semaines avant la dernière menstruation (33 %).
- 986 femmes vaccinées en période pré-conceptionnelle, dans les 6 semaines avant la dernière menstruation (35 %).
- 895 femmes vaccinées en cours de grossesse, entre la dernière menstruation et 19 semaines d’aménorrhée (32 %).

Sont exclues de l‘étude : les fausses couches avant 6 semaines d’aménorrhée, les grossesses extra-utérines, les grossesses multiples, les maladies trophoblastiques, les interruptions médicales de grossesse, et les femmes prenant un traitement augmentant le risque de fausse couche ou de malformation.

Les taux de fausse-couche sont :

- 10,4 % dans le groupe des femmes vaccinées avant la grossesse,
- 11,2 % dans celui des femmes vaccinées en période pré-conceptionnelle,
- 8,6 % dans celui des femmes vaccinées en cours de grossesse.

La vaccination faite pendant la grossesse ou en période pré-conceptionnelle n’est pas associée à une augmentation du risque de fausse-couche spontanée, après ajustement sur l’âge, l’obésité, le tabagisme, l’indice de pauvreté, le niveau de soins avant la grossesse, respectivement : Hazard ratio HR = 1,10 (intervalle de confiance à 95 % IC 95 % = 0,81 -1,51) et HR = 1,07 (IC 95 % = 0,81-1,41).

Il est bien sûr préférable d’effectuer la vaccination contre le papillomavirus chez les plus jeunes, à un âge où le risque de contamination et le risque de grossesse sont encore faibles.

Et comme le recommande le CRAT :

- il n’y a pas de délai à respecter entre une vaccination contre le papillomavirus et le début d’une grossesse,
- il n’y a pas de justification à vacciner une femme enceinte, on peut reporter la vaccination ou sa poursuite après l’accouchement,
- enfin, en cas de découverte d’une grossesse après vaccination, on doit rassurer la patiente quant aux risques embryo-fœtaux.

Dr Catherine Vicariot

Références
Kharbanda EO et coll. : Risk of Spontaneous Abortion After Inadvertent Human Papillomavirus Vaccination in Pregnancy.
ObstetGynecol 2018; 132: 35-44.DOI: 10.1097/AOG.0000000000002694.

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