Vous avez dit « renforcement musculaire » ?

L’Organisation mondiale pour la santé préconise la pratique hebdomadaire d’au moins 150 à 300 minutes d’une activité d’endurance d’intensité modérée, associée à 2 fois ou plus d’une activité de renforcement musculaire qui sollicite les grands groupes musculaires, et la limitation de la sédentarité.

Dans la littérature scientifique et dans les messages de santé publique, la recommandation concernant l’endurance est volontiers privilégiée par rapport à celle qui touche aux groupes musculaires. Ainsi, les adultes qui atteignent les 150 minutes évoquées ci-dessus sont souvent considérés comme « physiquement actifs », quelle que soit leur pratique de renforcement musculaire.

Or, négliger ce dernier peut entraîner un biais dans l’évaluation de la part de la population réellement active. Selon différentes études, seuls 10 à 25 % des adultes respecteraient à la fois les conseils relevant de l’aérobie et du renforcement musculaire.

La difficulté, c’est de savoir de quoi on parle

Une étude prospective a été conduite en Grande-Bretagne pour estimer la proportion d’adultes répondant aux conseils d’endurance et de renforcement (1). L’objectif était aussi d’évaluer comment les définitions du renforcement musculaire influencent les estimations de prévalence. Elle était fondée sur un échantillon représentatif de 253 423 volontaires, âgés de 16 à 65 ans.

Trois définitions du renforcement ont été utilisées :
• Celle du Health Survey for England (HSE), comme : aviron, équitation, escalade, natation (2).
• Celle des recommandations britanniques d’activité physique (Recos), par exemple porter des sacs lourds, faire de la gymnastique ou du yoga (3).
• La liste des activités dont l’efficacité est établie, comme : musculation, sports de ballon, sports de raquette, marche nordique (Évidence) (4).

Les deux tiers des adultes respectaient les lignes directrices en matière d’endurance (69 % des hommes, 65 % des femmes).

Pour les activités de renforcement musculaire, 29 % des hommes et 24 % des femmes répondaient à la définition HSE, 16 % et 9 % à celle des données probantes et 7 % et 4 % à celle des Recos.

Selon les auteurs, produire une définition harmonisée de la notion de renforcement musculaire est indispensable pour des estimations fiables et comparables de la part active de la population.

Dr Patrick Laure

Références
1.Sandercock GRH et coll. : Who is meeting the strengthening physical activity guidelines by definition: A cross-sectional study of 253,423 English adults? PLoS ONE 2022;17: e0267277.
2.Strain T et coll. : The forgotten guidelines: cross-sectional analysis of participation in muscle strengthening and balance & co-ordination activities by adults and older adults in Scotland. Bmc Public Health 2016; 16.
3.Foster C et coll. : What types of physical activities are effective in developing muscle and bone strength and balance? J Phys Act Health 2018; 15:S249–S.
4.UK Chief Medical Officers’ Physical Activity Guidelines. Guidance from the Chief Medical Officers in the UK on the amount and type of physical activity people should be doing to improve their health. London, UK ; 2019.

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