Ebola au Congo : l’épidémie hors de contrôle

Kinshasa, le lundi 15 octobre 2018 - Les autorités sanitaires congolaises ont déclaré samedi faire face désormais à « une deuxième vague » épidémique de fièvre hémorragique à virus Ebola, dans la région du Nord-Kivu, d'une « ampleur » encore indéterminée.

« Cette deuxième vague est le résultat des résistances communautaires à la riposte, des villes mortes, de l'insécurité et de la faible collaboration des tradi-praticiens dans les activités de riposte alors qu'ils sont en première ligne » souligne le gouvernement.

Au total, selon les statistiques actualisées samedi par le ministère de la Santé, on déplore 207 cas (+ 46 en une semaine) et 125 décès. Parallèlement, 16 202 personnes ont pu être vaccinées.

Les réticences de la population, premier allié d’Ebola

Un nouvel incident, après l’agression violente de représentants de la Croix-Rouge, a mis en évidence, une nouvelle fois, les résistances des populations.

Ainsi, le ministère de la Santé de RDC rapporte que des habitants ont dérobé le corps d’une femme décédée au Centre de traitement d’Ebola (CTE) de Beni, lors de son acheminement vers le cimetière.

« Lorsque la femme est décédée, la famille avait demandé à l’équipe (…) de faire quelques concessions concernant la cérémonie d’inhumation de la défunte. Ils avaient notamment demandé à ce que le corbillard soit conduit par une de leurs connaissances et que 5 membres de la famille portent l’équipement de protection individuelle afin de pouvoir porter le cercueil. Cette demande avait été acceptée (…) à condition que le cortège soit suivi par un véhicule de la police », explique le ministère.

« Toutefois, alors que le cortège se dirigeait vers le cimetière, le conducteur du corbillard a soudainement changé de route afin de rentrer à toute vitesse dans la parcelle de la famille située dans le quartier de Butsili dans la ville de Beni. Arrivés dans la parcelle, plusieurs jeunes d’un quartier voisin ont alors violemment chassé les policiers et gardé le corps avec eux ».

Se rendant compte de leur erreur, ils se sont finalement rendus au cimetière avant la fin de la journée et ils ont laissé les cinq membres de la famille portant l’équipement de protection individuelle procéder à l’inhumation de la défunte.

Le lendemain, les membres de la famille se sont rendus à l'hôpital afin de se faire vacciner…

Cette anecdote tragique n’est pas sans rappeler l’attitude d’un député de cette province qui après avoir nié l’existence du virus et l’efficacité du vaccin s’est fait immuniser après avoir été identifié comme un « cas contact »…

Xavier Bataille

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Vos réactions (1)

  • Obscurantisme

    Le 16 octobre 2018

    Ne vous moquons pas. Il existe des résistances aux traitements rationnels (vaccinations par exemple) aussi chez nous ainsi que des croyances en des thérapies bizarres.

    Dr Denis Hottelier

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