Le Défenseur des Droits demande l’interdiction des lanceurs de balle de défense

Paris, le vendredi 18 janvier 2019 - Interrogé ce jeudi sur Europe 1, le Défenseur des Droits Jacques Toubon a de nouveau demandé l’interdiction de l’utilisation de lanceurs de balle de défense par la police dans le cadre du maintien de l’ordre.

« Les lanceurs de balle de défense (LBD) présentent une dangerosité qui fait que l’intégrité des personnes qui manifestent peut être atteinte ». Ces propos tenus par Jacques Toubon au micro d’Europe 1 ce jeudi résument bien la position du Défenseur des Droits : l’utilisation par la police de LBD, plus connu sous le nom de Flash-ball, doit être interdite dans le maintien de l’ordre. Selon l’ancien ministre de la justice, cette arme, qualifiée de « sublétale » par la police et qui a pour objectif d’arrêter les manifestants sans les blesser grièvement, est trop dangereuse. « J’espère que devant l’évidence aujourd’hui de la dangerosité de ces armes de force intermédiaire, le gouvernement prendra des dispositions » a ajouté Jacques Toubon.

Ces propos interviennent alors que le LBD est au cœur de nombreuses polémiques, en raison de son utilisation massive par la police lors des manifestations des gilets jaunes et des nombreuses blessures qu’il aurait occasionnées chez les manifestants. Le Défenseur des droits a ainsi été saisie de 12 dossiers liés à l’utilisation de LBD tandis que le journal Libération estime que 69 manifestants et journalistes ont été blessés par des tirs de LBD depuis le début du mouvement, dont 14 ont perdu l’usage d’un œil.

Mais Jacques Toubon n’avait pas attendu les évènements de ces derniers mois pour s’insurger contre le LBD : il avait déjà demandé un moratoire sur son utilisation dans un rapport en date du 10 janvier 2018 en raison de sa dangerosité et des « risques disproportionnées » qu’il ferait courir aux manifestants.

Les syndicats de police se montrent, pour leur part, totalement hostiles à l’interdiction du LBD, estimant qu’elle est pour l’instant la seule arme disponible pour neutraliser les manifestants les plus dangereux. Eric Morvan, directeur général de la police nationale, estime justifié le recours au LBD, rappelant que les règles d’utilisation interdisent tout tir à la tête.

Quentin Haroche

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