Naomi Musenga : les pistes d’Agnès Buzyn pour éviter un nouveau drame

Paris, le vendredi 18 janvier 2019  - « L’affaire » Naomi Musenga a mis en lumière certains dysfonctionnements dans l’organisation des SAMU et en particulier en ce qui concerne le traitement des appels d’urgence. Un an après, interviewée par Le Parisien, le ministre de la santé, Agnès Buzyn a fait un point sur les mesures qu’elle a prises et qu’elle prendra pour qu’un tel drame ne se reproduise plus.

Un ministre révolté par « l’absence totale d’empathie »

Avant cela, elle est revenue sur l’affaire en elle-même et a tenu à souligner, à l’adresse des parents de Naomi Musenga que : « l’absence totale d’empathie dont leur fille a fait l’objet m’est insupportable (…) Nous avons pris cette affaire très au sérieux et avons beaucoup travaillé pour que rien de tel ne se reproduise ». Elle a précisé en outre, bien que la piste d’une intoxication au paracétamol ait été évoquée que « les analyses toxicologiques n’ont pas permis d’établir les causes du décès de Naomi Musenga. Je crains, malheureusement, que nous ne connaîtrons pas les causes exactes ».

Parmi les innovations présentées dans cet entretien, elle met en avant l’importance de moderniser la prise de contact avec les secours : « il faut un système de communication moderne, un système du XXIe siècle ! Il n’est plus possible de recueillir les signaux d’urgence avec le seul téléphone. Nous travaillons à la mise en place d’autres moyens, comme les SMS ou les messageries en ligne. Dans le cas d’un attentat, une victime ne peut pas téléphoner, mais peut potentiellement écrire un message. Nous voulons aussi développer les appels vidéo, utiles par exemple lors d’un accident de voiture pour montrer les plaies. Autre chantier, la géo-localisation, qui doit permettre de gagner du temps pour l’arrivée des secours. Aucun numéro unique ne peut être envisagé aujourd’hui sans ces outils ».

Les avantages du numéro unique selon Agnès Buzyn

Sans trancher encore totalement, les déclarations d’Agnès Buzyn dans cette interview suggèrent que le numéro unique, soit la fusion du 15 du 17 et du 18 vers le 112 a ses faveurs.  Elle estime que peu de patients « savent à quoi correspondent vraiment le 15, le 18 » et qu’elle-même « dans une situation de stress » pourrait « les confondre ». Elle imagine même, après la création d’un  numéro unique, « une application appel urgence sur les smartphones ».

« Le numéro unique a l’intérêt de la simplicité et offre la garantie d’un décroché rapide. Son défaut est le nombre d’interlocuteurs successifs dans la prise de décision, avec un risque de déformation de l’information à chaque transmission d’appel. Nous y réfléchissons avec le ministre de l’Intérieur et prendrons une décision dans les prochains mois. Notre boussole : être certains, à l’arrivée, qu’un meilleur service sera rendu aux citoyens » fait-elle valoir.

Elle a enfin rappelé des mesures déjà dévoilées précédemment, la prochaine intégration des SAMU dans la procédure de certification des hôpitaux, l’harmonisation des procédures de traitement des appels et le lancement d’une formation spécifique, obligatoire et diplomate, en un an,  des assistants de régulation médicale.

Frédéric Haroche

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Vos réactions (1)

  • Ne pas connaitre les causes du décès : inadmissible

    Le 19 janvier 2019

    A l’epoque de cette sinistre affaire j’avais été scandalisé par les erreurs de prise en charge de cette patiente et je le suis tout autant par les déclarations récentes du Dr Agnès Buzyn (actuelle ministre de notre système de santé). De ne pas savoir de quoi est décédée cette patiente me semble inconcevable et inadmissible et cela rend tout raisonnement sur ce qu’il aurait fallut faire ou sur ce qu’il faudrait faire pour que cela ne se reproduise plus fallacieux.

    Dr Bounioux

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