Agénésies transverses des membres supérieurs : investigations élargies dans le Morbihan

Paris, le lundi 10 décembre 2018 – L’investigation épidémiologique de « groupes de cas » (clusters en anglais), tant pour déterminer l’existence ou non d’un excès que pour en isoler la cause possible, soulève de multiples difficultés. Parmi elles, on retrouve fréquemment la délimitation de la zone géographique à retenir. L’affaire des groupes d’agénésies transverses des membres supérieurs (ATMS) dans l’Ain, en Loire Atlantique et dans le Morbihan l’a illustré de manière marquante.
Mobilisation au-delà de Guidel

Ainsi, dans le Morbihan, le "cluster" recense quatre enfants présentant une ATMS nés entre 2011 et 2013 dans les environs de la commune de Guidel. Si les investigations de Santé publique France (SPF) n’ont pas permis d’identifier une cause commune susceptible d’expliquer ces malformations, à la différence de l’Ain et comme en Loire Atlantique l’autorité a conclu à l’existence d’un excès de cas. La médiatisation du groupe de cas de l’Ain a contribué à une mobilisation des familles qui dans le Morbihan comptent un enfant présentant une ATMS, né pendant la période ciblée. Sur les réseaux sociaux, des informations ont été échangées qui ont conduit certains à regretter que leur cas n’ait pas fait l’objet d’une attention suffisante des autorités sanitaires. Des réunions publiques parfois houleuses ont également eu lieu.

Temps passé sous la douche

Pour répondre à ces inquiétudes et interrogations, SPF a choisi d’élargir les investigations à l’ensemble du département : huit familles supplémentaires dont les enfants sont nés avec une ATMS entre 2011 et 2013 viennent de recevoir des formulaires de renseignement très détaillés, comportant des questions auxquelles il sera parfois peut-être difficile de répondre en raison du temps écoulé. Interrogé par Le Télégramme, une des mères concernées, Aurélie Bingler qui vit à Calan et qui a milité pour que le cas de sa fille soit inclus dans l’enquête de SPF signale la présence de « questions pointues, étonnantes voire hallucinantes, du niveau d’étude à l’alimentation, en passant par la prise de médicaments, l’exposition à des produits chimiques ou encore le temps passé sous la douche ». Cependant, SPF tient bien à préciser que ces familles supplémentaires ne sont pas considérées comme intégrées dans le groupe de cas.

Des réponses partielles fin janvier ?

A l’échelon national, une première série de résultats de l’enquête conduite par SPF et l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) sera dévoilée à la fin du mois de janvier. Il s’agira notamment de disposer d’une évaluation plus précise du nombre d’ATMS en France et éventuellement des pistes exploitées pour expliquer de possibles excès de cas localisés.

Aurélie Haroche

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