L’Aquarius, c’est fini

Paris, le vendredi 7 décembre 2018 - Depuis février 2016 et le début de ses opérations de sauvetage en mer, l’Aquarius a porté assistance à près de 30 000 personnes. Ce navire affrété par l’association SOS méditerranée en collaboration avec Médecins sans frontières était devenu un symbole de la crise diplomatique autour de l’accueil des migrants en juin dernier, après avoir dû errer pendant une semaine en Méditerranée avec à son bord 630 migrants que l’Italie se refusait à accueillir.

Par la suite, l’Aquarius a vu les obstacles se multiplier depuis que l’Italie, sous l’impulsion du ministre de l’intérieur, Matteo Salvini a fermé ses ports aux navires humanitaires.

Le bateau a ainsi perdu son pavillon et s’est retrouvé bloqué à Marseille en octobre dans l’attente d’un registre où s’inscrire.

A la fin novembre, la justice italienne avait, en outre, demandé son placement sous séquestre suite à des soupçons de traitement illégal de déchets. Des accusations « disproportionnées et infondées », selon SOS Méditerranée.

Après plus de « dix-huit mois de criminalisation, de décrédibilisation et de diffamation » selon les termes utilisés par les ONG,  Médecins sans frontières (MSF) et SOS Méditerranée ont annoncé, ce jeudi « mettre un terme » aux opérations de sauvetage de leur navire humanitaire.

Une cessation d’activité dans un contexte critique

SOS méditerranée ne baisse pas les armes pour autant et dit déjà explorer « activement les options pour un nouveau navire et un nouveau pavillon » et étudier « toutes les propositions d’armateurs qui lui permettraient de poursuivre sa mission de sauvetage ». « Nous refusons de rester les bras croisés sur le rivage alors que des gens continuent de mourir en mer » assure aussi Frédéric Pénard, directeur des opérations de cette association.

L’arrêt des opérations menées par l’Aquarius intervient dans un contexte critique. Ainsi, on estime que 2 133 personnes sont décédées en Méditerranée en 2018. Néanmoins, soulignons que désormais les gardes-côtes Libyens prennent leur part et qu’ils auraient sauvé et ramené sur les côtes libyennes 14 000 naufragés.

Toutefois, les ONG considèrent que cela « constitue une violation du droit international » en contravention avec la règle que les rescapés doivent être ramenés dans le port le plus sûr.

Frédéric Haroche

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