Professionnels de santé : ce qui vous stresse

Paris, le  vendredi 10 décembre 2018 – Dans le cadre de leur "Baromètre" de la santé des professionnels de santé, reposant sur une enquête menée auprès de 6000 praticiens, la Mutuelle nationale des hospitaliers (MNH) et l’institut Odoxa se sont notamment intéressés aux causes de leur stress. Ces données sont analysées dans un rapport qui vient d’être publié par le professeur Didier Truchot (psychologie sociale, université de Franche-Comté).

Travail empêché, incivilité, charge de travail, souffrance des patients

Sur 26 items, l’étude met en évidence que le premier facteur de stress pour les professionnels de santé concerne le « travail empêché », selon la terminologie utilisée par Didier Truchot. C'est-à-dire, par exemple, le fait de devoir « répondre à des injonctions contradictoires », le « manque de coordination avec certains collègues » et les « relations conflictuelles ».

En deuxième position, on retrouve, sans surprise, les comportements d’incivilité des patients.

Presque tous les praticiens ( !) déclarent ainsi devoir faire régulièrement face à des patients irrespectueux (vulgaires, agressifs, négligés…), incivils et même physiquement violents. 

La charge de travail est également un facteur de stress important :  beaucoup de professionnels estiment ainsi avoir « tellement de travail » qu’ils ne peuvent l’effectuer correctement.

Par ailleurs, comme d’autres catégories de travailleurs de notre société "hyper connectée", les professionnels de santé se plaignent d’un débordement de leur vie professionnelle sur leur vie privée. Ainsi, la très grande majorité (plus de 80 %) répondent à des e-mails en dehors de leurs heures de travail et effectuent certaines tâches professionnelles chez eux.

Le facteur de stress qui est le moins souvent retenu est la difficulté de faire face à la souffrance des patients.

Bien sûr, il existe des variations en fonction de la profession. On observe par exemple que les aides-soignantes et les infirmières sont les deux professions qui ressentent le plus durement les conséquences du travail empêché, de la charge de travail, des incivilités des patients et de la difficulté de faire face à la souffrance. En revanche, le débordement du travail sur la vie privée est davantage perçu par les orthophonistes, les sages-femmes et les médecins spécialistes. Le mode d’exercice a également une influence. Ainsi, le travail empêché, le comportement des patients et la charge de travail sont plus douloureusement ressentis à l’hôpital qu’en ville. A contrario, en ville « le débordement du travail sur la vie privée » semble plus fréquent  que dans les établissements.

Xavier Bataille

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