Sexisme : les gros sabots du CNGOF font hurler la toile !

Strasbourg, le lundi 10 décembre 2018 – Le programme des 42èmes journées du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) et une communication proposée au cours de ce congrès ont soulevé une certaine indignation et entraîné une réelle polémique.

Ces prétendues violences obstétricales

Ainsi, le programme proposait initialement deux conférences aux intitulés sensibles : « Ces prétendues violences obstétricales : les enjeux juridiques » et « Comment se prémunir des plaintes pour attouchements sexuels ». Ils ont été, face à l’inévitable tollé, rapidement modifiés en : « Enjeux juridiques des violences obstétricales » et « Pas d'ambiguïté dans les relations avec les patientes ».

Si ces dénominations réductrices et semblant dénier certaines réalités avaient suffi pour provoquer l’ire de plusieurs associations, c’est une diapositive présentée lors du congrès qui a suscité la plus grande foudre sur les réseaux sociaux. On pouvait y lire une citation tirée du roman historique Le Seigneur de Châlus d'Yves Aubard (2012), dont l’intrigue se déroule au Moyen Age, qui énonce « Les femmes, c'est comme les juments, celles qui ont de grosses hanches ne sont pas les plus agréables à monter, mais c'est celles qui mettent bas le plus facilement ».

Je ne suis pas une jument

La diapositive faisait partie d'une communication « d'un jeune agrégé parmi une dizaine de présentations sur les recommandations pratiques pour la protection du périnée au cours de l'accouchement ». La petite phrase a conduit le président du collège des gynécologues, le Professeur Israël Nisand à présenter des excuses en séance plénière. « C'était totalement inapproprié, déplacé et j'ai éprouvé le besoin de présenter mes excuses au nom du collège des gynécologues (…). Pour le jeune agrégé, il s'agissait de montrer comment on s'occupait des femmes au Moyen Age et combien cela a changé aujourd'hui. C'était à tout le moins maladroit. Il a tout de suite compris qu'il avait fait une grosse bêtise et il en est très malheureux. » Il a aussi évoqué une phrase « sortie de son contexte » qui « peut faire croire que celui qui l'a présentée en valide le sens, ce qui n'est pas le cas ». Des explications qui n’ont pas empêché la prolifération du hashtag  #jenesuispasunejument.

Cette réaction des réseaux sociaux rappelle une nouvelle fois la logique émotive qui préside aux emballements sur Twitter et Facebook, car si, en dehors de son contexte, l’image de la jument n’est guère ragoutante, c’est peut-être l’apparente remise en cause de l’existence réelle de violences obstétricales et autres faits répréhensibles par la loi qui est le plus dérangeant.

Xavier Bataille

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