Accompagner l'installation pour renforcer l'accès aux soins

Paris, le vendredi 19 octobre 2018 - Après avoir sillonné l'ensemble du pays pendant un an pour recueillir les témoignages des acteurs de la filière sanitaire, établir un diagnostic et formuler des recommandations, les trois délégués nationaux désignés pour accompagner la mise en œuvre du Plan national d'accès aux soins ont remis, le 15 octobre, leur rapport à Agnès Buzyn.

Ayant constaté que c'est précisément au sein des territoires les plus fragilisés par une offre de soins en tension que les professionnels de santé arrivaient à mettre en place les solutions les plus innovantes grâce aux partenariats qui se tissent localement avec les élus et les agences régionales de santé (ARS), ils ont dégagé six pistes prioritaires : développer l'exercice coordonné, déployer la télémédecine, soutenir les nouveaux modes d'exercice, favoriser les délégations et coopérations interprofessionnelles, simplifier l'exercice libéral pour libérer du temps médical et encourager les stages ambulatoires tout en accompagnant plus étroitement les projets d'installation.

Des satisfactions et un regret

Pour les étudiants auditionnés par les délégués, il ne fait aucun doute que « les stages ambulatoires sont un levier essentiel pour faire découvrir les réalités des territoires fragiles, promouvoir la richesse des modes d'exercice et orienter les vocations » des futurs médecins. Dans l'optique de faire de ces stages « des expériences réussies », plusieurs conditions « qui donnent envie de s'installer ensuite dans ces territoires » ont été identifiées. Il s'agit tout d'abord « d'offrir aux étudiants de bonnes conditions matérielles (logement et/ou défraiement, et ce dès le stage d'externat ». A ce sujet, le Regroupement autonome des généralistes jeunes installés et remplaçants (ReAGJIR) rappelle qu'il « défend depuis de nombreuses années la généralisation des stages ambulatoires en deuxième et troisième cycle » tout en saluant les conclusions du rapport qui « correspond à la réalité du terrain ». Par ailleurs, la nécessité de garantir la qualité de l'encadrement implique, selon les délégués, « de mieux prendre en compte les retours d'expérience des stagiaires dans l'agrément des maîtres de stage ». Pour ReAGJIR, il est désormais temps de mettre en place « une véritable politique nationale de recrutement et de formation des maîtres de stage universitaires ».

La totalité des organismes représentants les futures et jeunes médecins, quelles que soient leurs spécialités, le réclament depuis très longtemps. L'organisation de politique d'accueil des étudiants dans les territoires et l'accompagnement des projets d'installation sont, de fait, l'un des points clés du rapport. Promouvoir le cadre de vie et faciliter les rencontres avec le réseau des professionnels sont des réponses aux besoins exprimés des internes de bénéficier d'un accompagnement humain personnalisé et suivi dans le temps, en amont de l'installation. Le rapport cite ainsi le dispositif « Passerelle » mis en place en Meurthe-et-Moselle qui répond à ce besoin en proposant un interlocuteur spécifique au sein des murs de l'université. Si les recommandations vont donc bien dans le sens des besoins exprimés, les jeunes généralistes regrettent cependant que « la question de la sécurisation du début d'exercice » ne soit malheureusement pas évoquée et « reste la grande oubliée de ce rapport ». Selon ReAGJIR, « le manque de protection social des remplaçants puis des jeunes installés constitue un frein à l'exercice libéral qui va au-delà d'un simple manque d'accompagnement des projets d'installation ».

Benoît Thelliez

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article