Formation professionnelle conventionnelle : vous avez dit indépendance ?

Paris, le mercredi 9 mai 2007 – Si l’on en croit les ardents défenseurs de la formation médicale continue (FMC) à la française, le critère absolu permettant de juger la valeur d’une bonne action de FMC réside dans son indépendance totale par rapport à l’industrie pharmaceutique. Pour atteindre cet eldorado, la Formation professionnelle conventionnelle (FPC) serait le meilleur des instruments. Tel était déjà en 2004 le sentiment de Vincent Renard, président du comité paritaire national de la formation professionnel conventionnel (FMC). Il affirmait notamment : « Ce dispositif de formation mettant en avant la qualité, la rigueur, la transparence et l’indépendance (…) existe pour les médecins généralistes. Il s’appelle : formation professionnelle conventionnelle ».

Objectif n°1 de FMC : savoir utiliser un ordonnancier bizone ?

Alors qu’en vertu de l’avenant n°12 de la nouvelle convention des médecins libéraux, publié au Journal officiel en mars 2006, ce miracle de la FPC bénéficie aujourd’hui également aux spécialistes, le syndicat Espace Généraliste s’interroge sur la réelle indépendance de ce dispositif. Si ces responsables n’auront pas commis le crime inexcusable d’avoir pactisé avec l’industrie pharmaceutique, ils ne cachent pas leur partenariat sans faille avec l’Assurance maladie. Le récent appel d’offres lancé par l’Organisme gestionnaire conventionnel de la Formation conventionnel des médecins (OGC) concernant les actions de FMC de 2008 ainsi qu’une récente lettre adressée aux organismes de formation révèlent une parfaite adéquation entre les thèmes prioritaires de la FPC et les désirs de l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (UNCAM). Le « cahier des charges » de l’appel d’offres indique ainsi tout d’abord que le Comité paritaire national de FPC (CPN-FPC) a notamment pour objectif de « définir les thèmes de FPC, en rapport avec les thèmes conventionnels de la maîtrise médicalisée des dépenses de santé et les objectifs de santé public ». La liste des thèmes suggérés en 2008 le confirme sans ambages : ils concernent pour une grande partie d’entre eux les modalités de prescription médicamenteuse, tandis que d’autres préfèrent revenir sur l’utilisation de « l’ordonnancier bizone » face aux patients atteints d’affections de longue durée ou s’intéressent aux arrêts de travail et aux examens biologiques explorant la fonction thyroïdienne. Mais loin de vouloir se disculper d’une quelconque soumission aux diktats de l’UNCAM, l’OGC justifie ses orientations dans une lettre adressée aux organismes de formation en rappelant que l’article 3.2 de l’avenant n°12 de la convention insiste sur le fait que « les partenaires conventionnels veilleront particulièrement à ce que la formation conventionnelle appuie l’atteinte des objectifs de maîtrise »  médicalisée des dépenses. Pour Espace Généraliste, cette volonté affichée de l’OGC révèle « qu’il vaut mieux faire des formations pour soigner les comptes de madame Lacaisse que des formations qui aident à mieux soigner les patients ».

A.H.

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