Une gastro avec l’eau du robinet ?

Paris, le vendredi 19 octobre 2018 - Boire l’eau du robinet n’expose pas en France (métropolitaine) à une diarrhée grave mais on ne peut exclure complètement le risque infectieux si un agent pathogène s’introduit dans les tuyaux. Ainsi, plusieurs épidémies de gastro-entérites aigues (GEA) d’origine hydrique sont signalées chaque année en France. Déclarées seulement par des acteurs de terrains (laboratoires en charge du contrôle sanitaire, exploitants, professionnels de santé), elles seraient en réalité bien plus nombreuses, selon Santé publique France, qui a testé une méthode innovante pour la surveillance de ces « épidémies hydriques ».

Plausibilité hydrique

L’agence de santé a étudié les GEA médicalisées (c’est-à-dire ayant fait l’objet de prescription -GEAm) sur la période 2014-2015 dans 7 départements de 7 régions de France choisis pour la diversité de leurs systèmes d’adduction en eau potable et vis à vis du risque infectieux. Si les GEAm sont repérables par commune (remboursements de l’Assurance Maladie), les unités de distribution d’eau potable (UDI) peuvent alimenter une commune ou plusieurs, et une commune peut être alimentée par une UDI …ou plusieurs. En croisant les données CPAM avec celle du SISE-Eaux (système d’information en santé environnement sur les eaux d’alimentation) on peut mener des investigations environnementales et déterminer la « plausibilité hydrique » des GEAm, c’est-à-dire leur probabilité d’être secondaires à une pollution de l’eau potable : c’est l’idée de ce projet pilote.

Exception française

67 agrégats de cas de GEAm partageant la même UDI ont été détectés et leur plausibilité évaluée grâce à cette méthode. Si les épidémies qui avaient été signalées aux autorités sanitaires ont bien été retrouvées (seulement deux sur les deux ans), les résultats de la moitié des investigations donnent une possible pollution accidentelle, étayant l’origine hydrique des infections.

Question : Sachant que l’étude concernait 914 599 habitants, que les GEAm représentent 34% des GEA et que cette action spatio-temporelle permettrait de détecter 10 fois plus d’agrégats, combien de GEA pourraient être évitées par le repérage de pollution microbiologique, voire du risque endémique, si le système était étendu à tout le pays ? C’est ce que préconise Santé publique France, pour qui l’hexagone serait le seul pays dont les données médicales et environnementales collectées en routine permettent cela.

Dr Blandine Esquerre

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