Les prescriptions homéopathiques sont non déontologiques... pour le Collège des médecins du Québec

Paris, le mercredi 20 mars 2019 – Le débat autour de l’homéopathie et de sa place dans l’arsenal thérapeutique ne concerne pas que la France. De nombreux pays ont ces dernières années voulu affiner leur position vis-à-vis de ces traitements dont l’efficacité n’a jamais été démontrée selon les règles en vigueur pour les autres médicaments.

Cependant, là où en France les autorités médicales ont préféré l’expectative et une certaine bienveillance à l’égard de l’homéopathie (la position de l’Ordre semble ainsi plutôt protectrice vis-à-vis des praticiens favorables à ces traitements), dans de nombreux pays comparables les condamnations ont été bien plus tranchées. Après l’Espagne où un mouvement anti fakemed a conduit à la fin de son enseignement dans de nombreuses facultés et la Grande-Bretagne qui a proscrit tout remboursement et toute promotion de l’homéopathie par le NHS, le Collège des médecins du Québec vient de prendre une position sans nuance.

Contraire à la déontologie

L’instance ne s’était jamais publiquement exprimée sur le sujet. Elle se montre pour autant directe. « Dans un cadre régulier, le médecin ne doit pas recommander de traitements homéopathies à ses patients » a ainsi indiqué Caroline Langis, responsable des relations presse au sein du Collège des médecins, interrogée entre autres sur ce point par le quotidien La Presse. La seule situation dans laquelle pourrait être envisagée une prescription homéopathique serait la réalisation d’une étude au protocole clairement établi, qui supposerait une information spécifique du patient sur les "limites" du traitement. Le Collège des médecins du Québec considère en effet qu’en dehors d’un tel cas, le recours par des médecins à des traitements homéopathiques est une violation de plusieurs articles du code de déontologie. De telles pratiques s’opposeraient en effet aux articles qui rappellent l’obligation pour les médecins de se conformer aux « principes scientifiques » dans l’exercice de leur profession et d’apporter des soins répondant aux « normes médicales les plus élevées ». De la même manière, l’utilisation de l’homéopathie contreviendrait à l’interdiction faite au médecin de promouvoir des thérapies « insuffisamment éprouvées » et/ou « contraires aux données actuelles de la science médicale ». Non content de se montrer si catégorique vis-à-vis des médecins recourant à l’homéopathie, le Collège des médecins invite les patients qui auraient reçu des prescriptions de ce type à contacter l’instance. Du jamais vu en France !

Aurélie Haroche

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Vos réactions (3)

  • Homéopathie et déontologie

    Le 20 mars 2019

    Ça alors ! Big Pharma doit être vraiment très puissant chez nos cousins du Québec !
    Heureusement, en France, les homéopathes sont protégés par le lobby Boiron & co...

    Dr Bernard Pellegrin

  • Bravo le Canada

    Le 21 mars 2019

    Enfin une analyse scientifique sur les homéopathes et non sur les poudres de perlimpinpin. Car le problème de l'homéopathie ne réside pas dans ce qui est prescrit mais dans celui des homéopathes. Connaissant bien la médecine canadienne (ancien Résidént de l'Hôtel-Dieu de Montréal) ceux qui ne se plieront pas aux exigences du Collèges des Médecins encourreront d'importantes sanctions comme des interdictions d'exercer pendant un certain temps.

    Rêvons qu'on en fasse autant en France...Il faudra mobiliser l'Armée ! Mais attendons les épreuves prouvant les capacités des médecins. Pauvres homéopathes...

    Dr Guy Roche, ancien interniste aimant les sciences médicales, les vraies...

  • Vive le Québec !

    Le 21 mars 2019

    Voilà des gens qui ont les idées claires, logiques et qui vont jusqu'au bout. Pas des chèvrechoutistes.
    Ils font honneur à la médecine.

    Dr Camille Willem

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