Eradiquer le VIH aux Etats-Unis : Trump a-t-il les moyens de ses ambitions ?

Washington, le mardi 19 mars 2019 - Lors de son discours sur l’état de l’Union prononcé au début de l’année, le président des États-Unis, Donald Trump annonçait que son administration allait lancer un plan qui permettra de réduire de 90 % les nouvelles contaminations par le VIH, aux États-Unis, d’ici dix ans.

Aujourd’hui aux États-Unis, selon les dernières données épidémiologiques, 40 000 nouvelles contaminations par le VIH ont été recensées en 2018. Quant au nombre de décès, il n’est plus renseigné par les CDC (Centers for disease control and prevention), qui font seulement état de la mortalité toutes causes confondues des personnes contaminées par le VIH. Ainsi, en 2017, 17 803 personnes séropositives sont mortes sur un total de plus d’1 100 000 patients, soit un taux de mortalité annuel de 1618/100 000 contre 859/100 000 pour la population générale. Au-delà, les services de santé estiment que 80 % des contaminations sont dues à des patients ne connaissant pas leur statut sérologique (38 %) ou à des malades ne prenant pas ou prenant mal leur traitement (43 %).

Le groupe le plus à risque reste celui des homosexuels. Ils représentent plus de la moitié des séropositifs du pays et les trois quarts des nouvelles infections. Soulignons que dans le contexte de la « crise des opioïdes », le nombre d’infections liées à l’usage de drogue par intraveineuse est en augmentation et atteint désormais 10 % des nouveaux cas.

Une occasion unique d’éradiquer le VIH

En dépit de ce contexte épidémiologique difficile et même si certains ont voulu voir dans les déclarations de Donald Trump une nouvelle fanfaronnade, les services de santé publique américains se mettent aujourd’hui en ordre de bataille pour atteindre l’objectif ambitieux d’une quasi-éradication de ce virus qui a fait plus de 700 000 morts aux États-Unis depuis 1981.

Le secrétaire d’État à la santé, Alex Azar, a ainsi réaffirmé qu’il disposait « d’une occasion unique de mettre fin à l’épidémie » grâce aux effets combinés des traitements antirétroviraux, de la PrEP et du dépistage facilité notamment grâce aux autotests VIH.  

Concernant plus globalement le dépistage, la voie semble désormais ouverte à un dépistage systématique du VIH. Ainsi, les CDC veulent que les médecins le proposent « en routine » à tous leurs patients.

Eugene McCray, directeur de la prévention VIH/sida aux CDC résume : « tout le monde devrait faire un test de dépistage au moins une fois dans sa vie et pour les personnes à risque, au moins une fois par an ».

Ce dépistage « systématique » est la clé de voute d’un plan de bataille dont l’arme est de traiter tous les patients et de façon précoce. Dans cette optique, les autorités sanitaires américaines promettent : « nous allons établir et développer des programmes de suivi auprès des personnes qui ne reçoivent plus de soins et leur fournir les ressources nécessaires pour les réengager dans des soins et un traitement efficaces contre le VIH ».

Bientôt 1 000 000 d’américains sous PrEP ?

Étonnamment, l’administration Trump, qu’on aurait pu imaginer plus conservatrice sur le sujet, s’engage également en faveur de la PrEP. « Sur un million d'Américains estimés à risque substantiel de contracter le VIH et qui pourraient bénéficier de la PrEP, moins de 10% utilisent effectivement ce médicament. L'augmentation de l'utilisation de la PrEP par les groupes à haut risque pourrait prévenir près de 50 000 infections à VIH d'ici 2020 » estime-t-elle ainsi. Le secrétaire d’État à la santé veut donc établir un programme qui permettra aux populations à risque de se rapprocher des prescripteurs de PrEP et d’en bénéficier même s’ils n’en ont pas les moyens financiers.

Des budgets pas à la hauteur des ambitions ?

Le gouvernement Trump a proposé un investissement nouveau de 291 millions de dollars pour la prochaine année budgétaire afin de mettre en place ces mesures qui doivent se concentrer sur les « 48 points chauds » du pays identifiés par les CDC.

Interrogé sur ce montant qui peut apparaître relativement faible, Robert Redfield, directeur des CDC a répondu être « certain que les moyens nécessaires pour accomplir la mission seront alloués à long terme ».

Peut-être un excès d’optimisme…

F.H.

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