Etudiants en médecine : l’ANEMF vous interroge sur vos moyens financiers

Paris, le jeudi 26 janvier 2023 – L’Association nationale des étudiants en médecine de France a lancé, la semaine dernière, une enquête visant à recueillir des données sur les conditions financières des étudiants.

Des étudiants qui font la queue pendant des heures à des points de distribution alimentaire : ce sont les tristes images qu’avaient découvertes les Français à la rentrée 2021, alors que de nombreux jeunes avaient perdu leur travail ou leur stage à cause de la crise sanitaire. À l’époque, l’association Linkee avait estimé à 46 % le pourcentage d’étudiants devant sauter des repas pour des raisons financières.

Si la situation n’est plus aussi catastrophique aujourd’hui, la précarité étudiante n’a pas disparu pour autant, y compris en médecine. L’Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF) vient de lancer une enquête visant à recueillir des données actualisées sur les conditions financières des carabins, de la 2e à la 6e année.

Le coût d’une année d’étude s’élèverait à 19 300 euros

Selon l’ANEMF, le budget moyen prévisible pour un étudiant en Parcours Accès Santé Spécifique (PASS), pour l’année 2022 – 2023, s’élèverait à 19 300 euros. Ce budget comprend les divers frais administratifs (frais de scolarité, complémentaire santé, assurance logement), les frais liés au matériel pédagogique, mais aussi les frais mensuels de la vie courante : loyers, repas, téléphonie, internet… L’ANEMF y ajoute un budget loisir moyen de 80 euros par mois.

Ces frais importants peuvent entraîner des situations de précarité pour les étudiants en médecine, bien qu'ils puissent bénéficier de certaines aides pour les soutenir matériellement et financièrement durant leur cursus. Une bourse sur critères sociaux peut effectivement être obtenue selon les revenus des parents, les exonérant des frais d’inscription et leur donnant plusieurs avantages, dont les repas à 1 euro dans les restaurants universitaires et une priorité dans l’accès aux logements étudiants. Une aide financière leur également versée.

Mais, malgré ces dispositifs, la dernière enquête réalisée en 2019 par l’ANEMF avait révélé qu’un quart des carabins envisageaient d’arrêter leurs études faute de moyens suffisants.

De nouvelles données pour mieux porter ses revendications

Depuis le dernier sondage, l’ANEMF estime que la situation a changé pour les étudiants, avec notamment la réforme des allocations logement ayant entraîné une baisse des aides, la crise sanitaire mondiale, et bien sûr l’inflation.

Les nouveaux chiffres recueillis sur la précarité étudiante devraient aider l’association à porter au mieux ses revendications auprès des pouvoirs publics. Celle-ci réclame notamment :

-Une rémunération horaire équivalente à celle des étudiants stagiaires de niveau Master (soit environ 400 € mensuel net pour un étudiant en première année de Diplôme de Formation Approfondie en Sciences Médicales) ;

-Le maintien des bourses sur critères sociaux pendant l’été ;

-Une indemnité de transport kilométrique calculée à partir des frais réels et non pas forfaitaire ;

-Une consolidation affirmée de leurs droits et une protection de leur statut d’externe ;

-Un accès facilité à la santé et au logement.

L'association appelle tous les étudiants en médecine à répondre au sondage accessible notamment via les réseaux sociaux pour recueillir les statistiques les plus fiables possibles, même si nécessairement le mode de sélection favorise le risque de biais. (Pour participer à l’enquête : https://www.facebook.com/anemf.org/posts/10157931498053923/)

Raphaël Lichten

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