Souffrances des animaux de laboratoire : une technicienne lance l’alerte

Paris, le lundi 6 novembre 2017 – L’utilisation d’animaux à des fins de recherche médicale et scientifique est de plus en plus strictement encadrée. Une directive européenne datant de 2010, qui n’a pas de force contraignante, invite même à limiter le plus possible le recours aux animaux et à privilégier les méthodes alternatives. Si la France assure s’être inscrit dans cette démarche, on compte encore près de deux millions d’animaux utilisés dans les laboratoires (dont la plupart doivent finalement être sacrifiés). Sur les 1,76 millions recensés en 2014, la moitié était des souris.

Des mises à mort très stressantes et des traitements mortels

Technicienne dans une animalerie, une jeune femme qui se fait prénommer Julie par le quotidien Libération a diffusé sur internet via le journal et l’association Animal Testing une vidéo de neuf minutes présentant la façon dont sont traitées les souris dans des animaleries de recherche. On y découvre notamment les différentes méthodes de mise à mort et en particulier la dislocation cervicale (qui devrait être exceptionnelle mais qui serait en réalité courante) et l’asphyxie. Cette dernière technique entraîne une souffrance et une anxiété visibles des animaux, qui mettent souvent plusieurs minutes à mourir. L’alerte lancée par la technicienne dénonce également la lourdeur de certains traitements : les tumeurs induites qui empêchent tout mouvement aux animaux ou les ponctions sanguines qui sont si souvent répétées qu’elles finissent par tuer les rongeurs. Le non-respect des protocoles de prise en charge de la douleur est également dénoncé.

Souffrance animale, souffrance humaine

Avec cette vidéo, à laquelle fait écho un documentaire diffusé ce lundi soir sur Planète +, l’association espère une prise de conscience semblable à celle née après la diffusion d' images sur la réalité des abattoirs. La différence tient cependant au fait d’une part que l’on ne constate que peu de situations réellement illégales dans les éléments rapportés par le spot de Julie et d’autre part que la nécessité du recours aux animaux dans les laboratoires demeure défendue par la majorité des chercheurs. Néanmoins, Julie souhaite également faire entendre la détresse des personnels qui travaillent dans ces laboratoires.  « On est en direct avec leurs blessures. On est enfermé avec eux, toute la journée, dans leur environnement. Sans lumière, sans fenêtre. Seul. Forcément on se remet en question. Au bout d’un moment, on devient fou, on devient malheureux, ça nous détruit », affirme Julie.

Aurélie Haroche

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