Soins palliatifs : la solution au « mal mourir » ? (vidéo)

Interview du Dr Claire Fourcade, vice-présidente de la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (SFAP)

De nombreux professionnels de santé et d’associations de patients partagent le constat du « mal mourir » en France.

Parmi les réponses qui peuvent y être apportées, les soins palliatifs tiennent une place de choix.

Pour connaître la réalité des soins palliatifs dans notre pays et savoir si  une légalisation de l’euthanasie serait compatible avec leur développement, le JIM s’est entretenu avec le Dr Claire Fourcade, vice-présidente de la société française des soins palliatifs.

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Vos réactions (1)

  • Les médecins sont, depuis 40 ans, absents des débats

    Le 17 décembre 2018

    Magnifique! Mais la solution au mal mourir passe par l'offre des soins palliatifs. L'émergence des soins palliatifs date maintenant de bientôt 40 ans. Malgré leur développement extraordinaire (définition, pratiques, recherche, colloques, congrès, conférences, lois, plans gouvernementaux, structures, associations...), les soins palliatifs qui, comme rappelé dans le document, ne s'adressent pas qu'à la fin de vie, n'ont pas diffusé chez les médecins. Le monde médical reste individualiste, concurrentiel, hiérarchisé, peu enclin au travail interdisciplinaire, interprofessionnel, incapable de s'organiser collectivement pour assurer des soins continus et un accompagnement jusqu'à la fin de la vie, du malade qui ne peut pas guérir. En fait les médecins ne s'intéressent pas aux malades incurables, aux vieux, aux patients en fin de vie.

    Hormis les médecins spécialistes de soins palliatifs et les gériatres, les médecins sont, depuis 40 ans, absents des débats, formations, colloques, congrès ayant trait aux soins palliatifs, aux personnes âgées, au care. Le désinvestissement des médecins dans les EHPAD et notamment la nuit et les fins de semaines du vendredi soir au lundi matin est en grande partie responsable d'hospitalisations intempestives des personnes âgées même en extrême fin de vie.
    Si l'on en croit les sondages, y compris les plus récents (La Croix début 2018) les médecins ne connaissent pas la loi sur la fin de vie, 60 à 70% des médecins seraient pour l'euthanasie!
    Notre consoeur le Dr Véronique Fournier déclarait dans Libération début 2017: "les soins palliatifs font du bon travail, mais ce n'est pas la réponse pour tout le monde et de toute façon on arrivera jamais à mettre des soins palliatifs partout."

    Si l'on rajoute la crise de recrutement dans les services de soins palliatifs (La Croix 15/10/2018) il y a de quoi être pessimiste quant à une amélioration de l'offre.
    Reste l'espoir de la formation. Il est évident que c'est essentiel et déjà beaucoup d'efforts sont faits. Cela va prendre du temps. Je crois que pour être efficient sur l'offre l'enseignement des soins palliatifs ne doit pas être isolé dans un cours particulier mais intégré à chaque spécialité (soins de bases plus soins spécifiques) et évidemment complété par des cours spécialisés, car si nombre des situations de fin de vie peuvent être parfaitement et complètement gérées avec des connaissances de base, il est des situations complexes (qui ont tendance à augmenter) qui nécessitent le recours aux spécialistes en soins palliatifs.

    Dr Roland Fardel

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