Ebola : un plaidoyer pour un changement de paradigme

Kinshasa, le mercredi 20 mars 2019 – Le dernier bulletin des autorités sanitaires de la République démocratique du Congo fait état « depuis le début de l’épidémie d’Ebola, de 960 cas, dont 895 confirmés et 65 probables. Au total, il y a eu 603 décès (538 confirmés et 65 probables) et 314 personnes guéries ». Si la flambée est en recul ces dernières semaines et que l’OMS (Organisation mondiale de la santé) a pu déclarer que l’épidémie était désormais « contenue », cette euphorie n’est pas partagée par de nombreux observateurs.

« L’épidémie n’est pas sous contrôle » tranche ainsi au micro de RFI (Radio France Internationale), le docteur Natalie Roberts de Médecins sans frontières (MSF). De retour du terrain, elle estime qu’il existe un fort risque de recrudescence du nombre de cas. En particulier parce que, malgré la visibilité des ONG et des organisations internationales, le premier réflexe des patients qui suspectent être atteints par la maladie n’est toujours pas de se rendre dans un centre de traitement d’Ebola (CTE).

Les malades ont ainsi tendance à consulter prioritairement dans les hôpitaux généraux les plus proches, mal adaptés, où ils peuvent favoriser la dissémination du virus et courent le risque d’une « perte de temps cruciale ».

Intégrer les CTE aux hôpitaux généraux

Aussi, appelle-t-elle à un changement de paradigme dans les ripostes à venir. 
 
Elle propose « de changer d’approche et de tendre vers une plus grande intégration de la chaîne de traitement Ebola dans les structures déjà existantes ». Une expérience déjà faite dans la ville de Lubero, qui semble donner de bons résultats.

Cette intégration des centres Ebola dans les hôpitaux d’un pays touché, si elle représente un défi logistique, semble avoir également les faveurs de l’OMS. Son directeur général, le Dr Tedros Ghebreyesus Adhanom, a ainsi indiqué, tout récemment : « je suis parfaitement d’accord avec MSF sur ce plan, cela fait désormais partie de notre stratégie ».

F.H.

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