Hépatite C : quand MSF fait passer le prix d’un médicament de 147 000 à 120 dollars !

Sao Paulo, le vendredi 3 novembre 2017 - Au début des années 2010, l’arrivée sur le marché des antiviraux à action directe (AAD) a apporté un immense espoir aux patients atteints d’hépatite C. Cependant, de nombreux Etats ont dû limiter leur utilisation aux patients les plus gravement atteints par la maladie en raison du prix prohibitif de ces médicaments.

Mais alors que se termine le sommet mondial sur l’hépatite C de Sao Paulo, Médecins sans frontières (MSF) triomphe ! L’organisation internationale annonce en effet avoir conclu un accord pour l’achat de versions génériques du sofosbuvir et du daclatasvir à 1,40 dollar par jour, soit 120 dollars pour un traitement de 12 semaines, ceci alors qu’aux Etats-Unis les laboratoires Gilead et Bristol-Myers Squibb (BMS) ont introduit sur le marché, en 2013, le sofosbuvir et le daclatasvir, respectivement à un prix de 1 000 dollars et de 750 dollars par comprimé. En 2015, le coût d’un traitement par sofosbuvir de 12 semaines s’élevait ainsi à 147 000 dollars !

Jessica Burry, pharmacienne en charge de la campagne d’accès aux médicaments essentiels de MSF, explique qu’il ne s’agit que d’une étape dans une révolution globale : «  les Etats doivent utiliser toutes les possibilités dont ils disposent pour avoir accès aux génériques et les mettre à disposition des millions de personnes qui en ont besoin. Ils doivent prendre exemple sur la Malaisie, et accorder des licences obligatoires lorsque les brevets sur les médicaments font obstacle ».

F.H.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (1)

  • Le rôle de la licence d'office

    Le 04 novembre 2017

    Et pendant ce temps, l'association sofosbuvir /daclatasvir ou sofosbuvir/ledipasvir continue d'être remboursée environ 45 000 € en France pour les heureux fibrotiques hépatiques ainsi que pour les lymphomes et les diabètes induits par l'hépatite C, les autres, quelque soit leur état, n'ayant pas accès au traitement.

    Nos autorités de santé n'ont en effet jamais envisagé d'utiliser le mécanisme légal qui permet de mettre immédiatement ces traitements à disposition de toutes les personnes malades et à un prix raisonnable: la licence d’office qui autorise la commercialisation des génériques efficaces d’un médicament protégé par un brevet.

    Certes les prix ont baissé depuis quelques années, mais ces traitements, issus de la recherche très subventionnée sur les antirétroviraux dans les années 90, faciles et bon marché à produire et très bien tolérés ne seront pas accessibles à la majorité des malades avant quelques années encore, dividendes obligent!

    Catherine Harris

Réagir à cet article