La prise de rendez-vous médicaux en ligne est entrée dans les mœurs, mais des inquiétudes demeurent

Paris, le 21 mars 2019 – Deux enquêtes réalisées par des instituts de sondage (IFOP* et Opinionway) pour l’URPS (Union régionale des professionnels de santé) des médecins libéraux d’Ile-de-France confirment que la prise de rendez-vous médicaux en ligne est désormais largement répandue.

Le secrétariat téléphonique demeure néanmoins le premier moyen de prise de rendez-vous et seuls 6 % des médecins utilisent exclusivement les nouveaux outils en ligne. 

Un bilan globalement positif

Au total, 62 % des patients Franciliens (sur un échantillon de 1 000 personnes) ont régulièrement recours à ces portails, une nette augmentation depuis 2016 où ils n’étaient que 33 % à utiliser ce genre de service.

Et la tendance ne semble pas prête de changer puisque le recours aux plateformes est fortement apprécié : ainsi 96 % des utilisateurs déclarent que celles-ci leur facilitent la vie.

Même chose du côté des médecins (700 praticiens libéraux franciliens interrogés) : 87 % d’entre eux déclarent qu’elles « améliorent la prise en charge des patients ».

Avec ces plateformes, les rendez-vous non honorés seraient moins fréquents pour 40 % des répondeurs, aussi fréquents pour 33 % et plus élevés pour 27 % d’entre eux. Une dernière appréciation qui correspond plus certainement à l’expérience (subjective !) des médecins en exercice au sein du comité de rédaction du JIM.
Pour l’avenir, les médecins semblent attendre beaucoup de ces sites, notamment une synchronisation avec les logiciels métier et un "télésecrétariat" davantage développé.

Encore quelques inquiétudes

Cependant, la confidentialité des données collectées par les hébergeurs des plateformes de rendez-vous en ligne demeure un sujet sensible, notamment en raison de la concentration progressive du marché en une seule entreprise (Doctolib pour ne pas la nommer). Ils sont ainsi 51 % des patients et 44 % des praticiens utilisateurs à « percevoir des risques liés à la confidentialité des données médicales ou à leur exploitation à des fins commerciales ».

Aussi, en marge de cette étude, les éditeurs concernés se seraient engagés auprès de l’URPS à créer « un label e-RDV » (contrôlé par qui ?) attestant de l’usage « strictement confidentiel » des données…

*Institut français d'opinion publique

Frédéric Haroche

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Vos réactions (2)

  • Détails à améliorer

    Le 24 mars 2019

    Alors généralement c’est très bien ces rappels la veille par sms (pour les patients qui ont un portable) mais... il peut y avoir des bug
    Exemple : un couple de personnes âgées, miracle ils ont un portable ... mais un pour eux 2.
    Ils ont Rdv à 8h 30 et 9h ... jusque-là pas de problème mais ... le numéro du portable a été attribué à madame qui a le rdv noté à 9h ... donc la veille sms pour leur rappeler le rdv de 9h
    Bien disciplinés ils sont arrivés avec 1/2 h de retard !
    La même chose pour un couple de nom différent (mère fille ...) et de plus quand nom différent on ne peut deviner qu’ils sont ensemble (sur cahier de rdv on mettait une accolade) et donc on ne sait pas que l’on ne peut pas glisser quelqu’un entre les 2 pour un résultat (scanner Mapa...).

    Voilà des détails à améliorer.

    Dr Pascale Bliscaux, Cardiologue

  • Les dangers de la toile d'araignée Doctolib

    Le 27 mars 2019

    Une entreprise qui s'est développée brillamment sur le marché croissant de la prise de RdV en ligne, en phagocytant progressivement ses concurrents, et qui fait l'objet d'investissements financiers importants (annonce récente de la levée de 150 millions d'euros) avec des perspectives de croissance encore plus importantes. Quelle conséquence pour les médecins ? Absence de concurrence avec son corolaire : augmentation des tarifs (passage de l'abonnement mensuel de 109 à 129 Euros par mois dès le mois d'avril, les premiers acteurs proposaient le même service initialement à 40 euros...), démarche commerciale avec un discours basé sur le rendement immédiat par une diminution des RdV non honorés (voir la réalité avec votre article) et plus grave discours expliquant que demain tous les patients passeront par eux et ne vous y trouveront pas si vous n'en êtes pas membre (!) donc menace à terme de voir son activité diminuer. On voit donc bien quel est le projet : la main mise finalement sur la prise de RdV médicale, public et privé, avec une imposition des règles et des tarifs par une seule entreprise. Position dominante = danger, les pouvoirs publics, les syndicats, l'Ordre et les médecins eux-mêmes tant qu'ils le peuvent encore seraient bien inspirés de ne pas se laisser prendre dans la toile...

    Dr C. O.

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