Simple comme une euthanasie aux Pays-Bas !

Amsterdam, le mardi 7 novembre 2017 – Deux chercheurs du département de bioéthique du National Institutes of Health alertent, à la suite d’une enquête, sur les dysfonctionnements des comités d’évaluation de l’euthanasie, chargés aux Pays-Bas de vérifier à la fois les procédures administratives mais aussi l’admissibilité des patients à cette pratique.

Ainsi David Miller et le Dr Scott Kim ont étudié trente-trois euthanasies pratiquées entre 2012 et 2016 pour lesquelles les commissions ad hoc avaient considéré que les médecins n’avaient pas respecté les critères de prise en charge.

Ils observent que même lorsque des critères médicaux étaient en cause, l'objectif affiché des comités n'était pas de savoir si le médecin avait « vérifié si le patient était véritablement admissible à une euthanasie »  mais s’il avait suivi minutieusement le processus administratif !
Ainsi sur ces trente-trois dossiers litigieux, les deux auteurs estiment que dans quatorze cas les médecins n’ont pas tenté de soins médicaux nécessaires (des soins ne pouvant être assimilés à de l’acharnement thérapeutique) et ont utilisé de façon incorrecte les médicaments, notamment les antidouleurs. Pour six patients, le médecin n’a pas été assez rigoureux dans la mise en évidence du critère de « souffrance insupportable ». Soit, pour ce (très) petit échantillon, près de deux tiers des patients qui n’auraient pas dû être euthanasiés au vu de leur dossier médical !

F.H.

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Vos réactions (2)

  • Un sujet trop complexe pour être résumé ainsi

    Le 08 novembre 2017

    Ce sujet complexe ne peut être résumé par ces quelques mots et une simple "alerte" bien médiatique.

    Membre depuis 1984 de l'ADMD, je me permets de penser que la vie est magnifique mais que ma mort me regarde et que je ne la laisserai pas entre les mains de médecins qui décideraient pour moi.
    Oui certaines dérives peuvent se produire mais non prolonger la vie au-delà de la volonté du malade n'est pas exercer convenablement la médecine.

    L'administration a bien du mal à nous laisser vivre, la médecine bien du mal à nous laisser mourir. Dommage en un siècle où on ne cesse de parler de libre arbitre.

    Dr Jean-François Michel

  • L'administration, le médecin et le patient

    Le 08 novembre 2017

    L'article de Mille et Kim fait froid dans le dos!

    Le patient doit être associé aux soins,sa volonté de refuser une "prolongation" doit donc être acceptée.
    En effet "l'euthanasie" n'est pas la même pour l'administration,le médecin ou le patient !

    Dr F.Chassaing

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