Le dépistage du cancer colorectal peine à entrer dans les mœurs

Paris, le mercredi 20 mars 2019 – Le cancer colorectal touche, chaque année en France, 43 000 personnes et provoque 17 000 décès. Pourtant, une prise en charge précoce offre la possibilité d’un traitement efficace. Dans ce contexte, depuis 2005, les personnes âgées de 50 à 74 ans sont invitées à se soumettre, tous les deux ans, à une recherche de sang occulte dans les selles et à une coloscopie en cas de résultat positif.

Rappelons que le test immunologique (OC Sensor®) a remplacé le test au gaïac (Hémoccult® II) en avril 2015*. Selon les derniers travaux disponibles, ce nouveau test permet de dépister 3,7 fois plus de polypes précancéreux et 2,4 fois plus de cancers que le précédent.

Une participation insuffisante

Les dernières données pour la période 2017-2018 publiées par l’agence Santé publique France (SPF) mettent en évidence que seuls 32,1 % de la population concernée participent à ce dépistage**.

Ce taux est relativement stable puisqu’il était de 33,5 % pour la période 2016-2017 et de l’ordre de 31-32% pour les périodes antérieures. 

Ces chiffres demeurent très inférieurs au « repère européen acceptable » de 45 %.

Aussi, l’augmentation de la participation au programme de dépistage du cancer colorectal qui était attendue avec le changement de test dans le courant de l’année 2015 « ne s’est donc pas matérialisée à ce jour » déplore SPF. 

Au total, le test s’est révélé positif chez 4% des personnes dépistées en 2017-2018. Dans environ trois cas sur dix, la coloscopie a révélé un polype précancéreux et dans un cas sur dix un cancer.

Rendre obligatoire ou dédramatiser ?

Sur les ondes de France Bleu, Jean-Marc Phelip, professeur de gastro-entérologie et de cancérologie digestive au CHU de Saint-Etienne, estime que « si on rendait le dépistage obligatoire on éviterait 10 000 morts par an ».

Cette éventualité n’étant pas, pour l’heure, à l’étude, l’opération Mars bleu, qui se déroule chaque année au début du printemps, tente de convaincre les Français d’aller vers ce dépistage en « dédramatisant ».

Rappelons ainsi, entre autres, le slogan de la Ligue contre le cancer : « parlons fesses » !

*le seuil de positivité retenu est de 30 µg d’hémoglobine humaine/g de selles (ou 150 ng/ml de tampon)
**une partie des 50-74 ans est exclue du dépistage, soit en raison d’antécédents personnels ou familiaux, soit en raison de symptômes soit parce qu’ils ont effectué dans les cinq ans une coloscopie ayant des résultats normaux.


Frédéric Haroche

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Vos réactions (2)

  • Dépistage obligatoire ?

    Le 20 mars 2019

    Si ce chiffre de 10 000 morts évitées par an si le dépistage était obligatoire est vrai, pourquoi ne pas l'imposer ?

    Dr Bernard Pellegrin

  • Examen simplifié

    Le 24 mars 2019

    D’autant qu’au fil des années cet examen est devenu simple et rapide à réaliser.

    Francis Lheureux

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