Lyme chronique : l’Académie de médecine tique

Paris, le jeudi 9 novembre 2017 - Depuis quelques années, l’existence d’une forme chronique de la maladie de Lyme, différente de la forme tertiaire, provoque des débats houleux au sein de la communauté scientifique et « suscite une inquiétude croissante dans une partie de la population française » remarque l’Académie de médecine dans une communication datée du 26 octobre, publiée ce mardi.

Après un rappel sur les connaissances scientifiquement établies, l’institution souligne que la maladie de Lyme chronique, qui serait liée à la persistance de l’agent pathogène dans l’organisme et qui se manifesterait par un ensemble de symptômes mal définis et subjectifs « ne repose sur aucun élément de preuve ». L’institution insiste également sur l’absence de données expérimentales probantes et d’essais cliniques randomisés contrôlés  pour venir étayer « l’efficacité revendiquée de traitements antibiotiques prolongés, parfois associés à des médicaments antiparasitaires, antifongiques ou anti-inflammatoires ».

L’Académie étrille les « Lyme’s doctor »

Dans ce texte, sont également évoqués les « Lyme’s doctor », qui « au mépris de toute démarche scientifique et forts de leur seule intime conviction  (…) entretiennent l’inquiétude chez de nombreux malades en errance diagnostique et nourrissent leurs récriminations infondées en se faisant l’écho en Europe, notamment en France, de l’ILADS (International Lyme and Associated Diseases Society), association non reconnue par les instances officielles outre-Atlantique ».
Pour l’Académie, « face aux malades souffrant de symptômes chroniques non étiquetés et qui se sentent délaissés, les médecins ne doivent pas céder à la facilité du diagnostic de "maladie de Lyme chronique" ni les soumettre à des traitements prolongés, inutiles et dangereux. Ces malades doivent pouvoir bénéficier d’une prise en charge diagnostique multidisciplinaire. Le "Lyme" est une mauvaise réponse médicale à la question légitime d’un patient qui souffre ».

Ne pas céder au chantage

A la suite de cet exposé, l’Académie conclut à la « validité des recommandations nationales en vigueur émanant de la 16ème Conférence de consensus du 13 décembre 2006 "Borreliose de Lyme" : démarches diagnostiques, thérapeutiques et préventives », souvent remis en cause par les associations de patients. De plus, elle enjoint les autorités à ne pas céder « au chantage ».
Elle condamne enfin les campagnes de désinformation « menées par des groupes de pression en quête de judiciarisation et de réparations financières d’un préjudice inexistant ». Elle appelle aussi les responsables de laboratoires d’analyses à « résister à la demande de praticiens désinformés, soucieux de confirmer coûte que coûte, y compris par la modification des seuils de positivité des tests, leur diagnostic de "maladie de Lyme chronique" devant des tableaux cliniques indéterminés ».
Si comme Cyrano de Bergerac, on aurait pu « dire bien des choses en somme », notamment concernant ce que dit cette polémique de la défiance actuelle envers la science, entretenue par les "réseaux sociaux", cet avis circonstancié a le mérite de la clarté et de ne pas se perdre en circonvolutions.

F.H.

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Vos réactions (1)

  • France-Allemagne

    Le 09 novembre 2017

    Pourquoi une sèrologie nègative en France devient positive aver un test fait en Allemagne ?

    Jacques Frey

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