Psychiatrie hospitalière : un naufrage inexorable ?

Rennes, le lundi 8 janvier 2018 – Les hôpitaux psychiatriques d’Amiens, Bourges, Cadillac, pour ne citer qu’eux, ont été, l’année passée, le théâtre de mouvements sociaux, plus désespérés que revendicatifs.

L’annonce, fin 2017, par le ministre de la Santé Agnès Buzyn de la distribution de 44 millions d’euros pour le secteur ne semble pas avoir apaisé les tensions et rassuré les professionnels.

Ainsi, à Rennes, le centre hospitalier Guillaume-Régnier, un des plus grands hôpitaux psychiatriques de France, poursuit sa grève entamée le 7 novembre dernier. L’hôpital accueille désormais patients et visiteurs par des banderoles évocatrices : « hôpital sans lit », « redonnons du sens à notre travail », « souffrance au travail »…Ici c’est la tentative de suicide d’un agent qui aura été l’élément déclencheur de la gronde.

Pour le syndicat Sud Santé, la dégradation des conditions d'accueil est ici telle qu’elle génère des comportements violents chez les patients et par effet domino conduit à des comportements maltraitants.

« Aujourd'hui, notre idée est d'entrer en résistance et d'interpeller les pouvoirs publics » résume le Dr Salvarelli auprès de l’Agence France Presse. Membre du bureau national du Syndicat des psychiatres des hôpitaux (SPH), il exerce à l’hôpital Le Vinatier de Lyon et avait participé en février dernier avec nombre de ses confrères à un appel pour dénoncer une dégradation de la prise en charge des patients et « le rouleau compresseur » et « la tyrannie » « des économies comptables ».

A quand la feuille de route ?

Rappelons que cette détresse a interpellé jusqu’à la représentation nationale. Ainsi, la députée Barbara Pompili (LREM) a pu alerter sur l’état très dégradé de l’hôpital psychiatrique, tandis que François Ruffin (LFI) a publié un livre intitulé « un député à l’hôpital psychiatrique » où il a tracé les contours d’un univers à bout de souffle. Il a aussi déposé une proposition de loi pour que soient augmentés les budgets alloués à ces établissements de santé.

Le ministre de Santé Agnès Buzyn a récemment réagi à cette crise en annonçant vouloir faire une priorité de « cette discipline (…) un peu trop délaissée », néanmoins si elle a annoncé travailler « sur une feuille de route » aucun calendrier n’a, pour le moment, été précisé…

Frédéric Haroche

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