2016, la planète au temps du Zika

Paris, le mardi 3 janvier 2017 – Le virus Ebola avait été considéré en 2015 comme la menace la plus marquante non seulement pour les pays concernés mais également potentiellement pour l’ensemble de la planète. Oubliée, l’épidémie a pourtant connu encore quelques soubresauts en 2016, retardant régulièrement l’annonce de la fin de la transmission qui a finalement pu être récemment actée partout. Les conséquences demeurent cependant multiples pour les populations touchées. Au delà des décès et des complications, les services de santé déjà très insuffisants de Sierra Leone, de Guinée et du Liberia sont durablement marqués par l’impact de l’épidémie.

Le Brésil toujours en état d’urgence

Mais Ebola a été chassé dans les préoccupations mondiales par le Zika. Si la dangerosité du virus est bien moindre que celle d’Ebola, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) n’a pas voulu être une nouvelle fois accusée de laxisme et d’attentisme et a immédiatement sonné le rappel en déclarant l’état d’urgence au début de l’année. Il faut dire que les études scientifiques se sont succédé pour confirmer le lien entre l’infection de femmes enceintes et le développement chez le fœtus de microcéphalies et d'autres anomalies du développement neurologique.  Il est également apparu que le virus pouvait se transmettre lors de rapports sexuels.

Ces travaux ont conduit à l’édiction de nouvelles recommandations dans la plupart des pays du monde : il a été fortement déconseillé aux femmes enceintes de voyager dans les zones infestées, tandis que des mesures étaient prises pour sécuriser les dons du sang et de gamètes. Ces mesures ont permis de limiter le nombre de cas de microcéphalie dans les pays occidentaux, tandis que dans de nombreuses régions (dont la Martinique et la Guadeloupe) l’épidémie a été courte. En Amérique latine et au Brésil notamment, la menace demeure et la levée de l’état d’urgence par l’OMS n'a pas été synonyme d'apaisement. Si les Jeux Olympiques n’ont finalement pas été parasités par le moustique tigre, le Brésil n’ignore pas en effet que son combat contre cet ennemi redoutable durera encore longtemps.

La persistance de la fièvre jaune et du choléra

Si par sa nouveauté (même s’il avait été identifié il y a plusieurs décennies en Afrique), le virus Zika a tenu la vedette, des pathologies mieux connues ont également continué à décimer les populations des pays pauvres et en voie de développement. Une épidémie de fièvre jaune, notamment en Angola mais qui a touché jusqu’à la Chine, a durablement inquiété, notamment la Croix Rouge, tandis que le choléra a fait une nouvelle incursion en Haïti après le déferlement d’un ouragan, alors qu’il a fallu attendre la fin de l’année pour qu’enfin l’ONU reconnaisse sa responsabilité dans la réapparition de la maladie sur l’île.

Enfin, quand les virus et bactéries ne tuent pas, ce sont les hommes qui s’en chargent. Les bombes ont continué à être le quotidien d’un grand nombre d’habitants sur la planète. Sur ces terrains de guerre, les équipes de multiples organisations non gouvernementales (ONG) ont continué à œuvrer non sans constater en Syrie ou en Afghanistan que les établissements de soins sont régulièrement volontairement pris pour cible.

Léa Crébat

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Vos réactions (1)

  • Et puis...

    Le 03 janvier 2017

    ... le cholera en Afrique aussi, et dans le monde le paludisme, la dengue, la typhoïde ou encore la rage, toutes maladies dont la présence "endémique" provoque l'indifférence des médias.

    Dr Blandine Courtot

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