5G : des données sanitaires encore trop restreintes

Paris, le lundi 27 janvier 2020 – La cinquième génération de communication sans fil (5G) doit faire son apparition en France au cours de cette année, avec les premières offres des opérateurs attendues fin 2020. Le déploiement de cette nouvelle génération suscite un large enthousiasme, tant ses promesses sont nombreuses concernant l’amélioration et l’accélération du flux des informations. Dans le domaine médical, notamment, beaucoup espèrent que la 5G contribuera encore davantage au développement des solutions numériques et de la médecine à distance.

Des données rassurantes malgré un classement ambigu

Cependant, parallèlement à cet engouement, on le sait, la 5G suscite également une préoccupation concernant ses possibles conséquences sanitaires. Si le Centre international de recherche sur le cancer a classé les radiofréquences comprises entre 30 kHz et 300 Ghz cancérogène possible, la littérature scientifique disponible sur le sujet semble plutôt écarter un lien entre développement de cancer et exposition aux radiofréquences. Les données ambiguës publiées jusqu’à aujourd’hui se basent sur des niveaux d’exposition très supérieurs à ceux retrouvés dans la vie courante, tandis que les études épidémiologiques ne sont pas parfaitement convaincantes.

Extrapoler les expertises précédentes

Cependant, qu’il s’agisse de l’effet cancérogène ou d’autres types d’effets, compte tenu de l’usage de plus en plus massif des radiofréquences, la vigilance reste essentielle. Aussi, dans le cadre du déploiement de la 5G, les ministères de la Santé, de l’environnement et de l’écologie ont saisi l’Agence nationale de sécurité sanitaire afin qu’elle conduise une expertise sur « l’exposition de la population aux champs électromagnétiques découlant de cette technologie et aux éventuels effets sanitaires associés ». Dans le cadre de cette mission, l’ANSES a établi un premier rapport préliminaire, qui propose notamment un état des lieux de la littérature scientifique sur le sujet. Elle demeure restreinte, en ce qui concerne les effets biologiques et sanitaires liés aux fréquences autour de 3,5 GHz, ce qui s’explique aisément par le fait que la technologie 5G demeure encore largement expérimentale. « De ce fait, les experts évalueront la possibilité d’extrapoler des travaux d’expertise antérieurs de l’Agence sur les impacts sanitaires des diverses technologies de communications existantes (3G, 4G, Wi-Fi…) qui utilisent des fréquences proches de la bande 3,5 Ghz, de 0,8 à 2,45 GHz », des expertises qui rappelons-le étaient toutes globalement rassurantes. A propos des fréquences plus élevées entre 20 et 60 Ghz, les données existent et c’est sur leur base que l’évaluation aura lieu.

Frustration

L’ANSES entend également pouvoir étroitement collaborer avec les industriels afin de réaliser des mesures précises et mieux se rapprocher des conditions futures d’évaluation. « Pour estimer l’exposition, nous avons besoin de savoir quel type d’antennes sera déployé, avec quelle puissance, dans quelle direction. Selon les données des opérateurs, les niveaux seront limités dans l’espace par rapport au réseau actuel mais l’usager sera a priori plus exposé puisque soumis à plus de puissance et plus de débit à travers son smartphone » détaille Olivier Merckel, chef de l’unité d’évaluation des risques liés aux agents physiques au sein de l’ANSES cité par Le Monde. Alors que le rapport définitif de l’ANSES est attendu dans un an, sans doute l’absence de réponse complète frustrera ceux qui s’inquiètent le plus du déploiement de la 5G et dont les peurs sont alimentées par des appels relayés par certains scientifiques, mais qui colportent souvent des démonstrations fantaisistes et infondées. Certains déjà s’indignent que le déploiement de la 5G se fasse sans établissement préalable de l’évaluation des risques, alors que les données très rassurantes déjà disponibles sur les technologies antérieures pourraient être considérées comme des éléments suffisamment solides pour justifier l’essor de la nouvelle technologie.

Léa Crébat

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