5G : pas d'effets néfastes selon un rapport récent

Paris, le jeudi 17 septembre 2020° - Comment « rassurer les français » face au déploiement de la 5G ? Dans un pays désormais gagné par le scepticisme, le gouvernement tente de convaincre l’opinion publique sur la nécessité de l’amélioration du réseau téléphonique. Il est vrai qu’en la matière, la France a déjà accumulé un certain retard face à ses voisins.

Depuis quelques mois, le sujet est devenu un point de tension politique entre des membres de l’opposition (écologistes, élus de gauche mais aussi de droite) réclamant un moratoire et un président de la République refusant tout « modèle Amish » pour la France.

En juillet dernier, c’est la convention citoyenne sur le climat qui sollicitait « un moratoire sur la mise en place de la 5G en attendant les résultats de l’évaluation sur la santé et le climat ». Pour répondre à cette objection, sans renier totalement les engagements pris par la convention, le gouvernement a commandé en urgence un rapport auprès du Conseil général de l'environnement et du développement durable, l'Inspection générale des affaires sociales, l'Inspection générale des finances et le Conseil général de l’économie.

Questionnaires et compilation

Le rapport repose sur des travaux conduits en un temps record entre juillet et août 2020, notamment sur la base d’un questionnaire diffusé aux services économiques régionaux de 22 pays et relayé par l’OMS à ses correspondants dans le domaine des radiofréquences.

Pour les experts, « il n'existe pas, selon le consensus des agences sanitaires nationales et internationales, d'effets néfastes avérés à court terme, en-dessous des valeurs limites d'exposition recommandées ». Selon eux, « les éventuels effets de long terme, cancérogènes ou non, difficiles à mettre en évidence, sont à ce stade, pour l'essentiel, non avérés selon les mêmes agences nationales et internationales ».

Par ailleurs, le rapport précise « qu’il n’a pas été démontré de lien de causalité entre ondes électromagnétiques et hypersensibilité électromagnétique des personnes ».

Ces conclusions reposent avant tout sur l’analyse des très nombreuses études réalisées depuis 1950 sur l’impact des ondes électro-magnétiques sur la santé (compte tenu du faible nombre de données accessible sur le sujet spécifique de la 5G).
 
On note ainsi que « la base de données EMF Portal, dédiée aux effets des radiofréquences, comporte plus de 28 000 études publiées en anglais ou en allemand dont 4 600 ont trait spécifiquement à la téléphonie mobile ». Le rapport cite également les conclusions de l’ANSES en 2013 aboutissant à l’absence d’effets cancérogènes ou non cancérogènes des ondes (à l’époque 3G et 4G).

Un risque en cas d’exposition à des taux « très supérieurs » aux valeurs limites

Seul élément noté par les rédacteurs, les effets néfastes potentiels à court terme des rayonnements lorsque les personnes sont soumises à des niveaux d’exposition très supérieurs aux valeurs limites autorisées.

Par précaution, les experts estiment que les potentiels effets de long terme justifient la poursuite des recherches et de la surveillance.

Les experts formulent enfin un certain nombre de recommandations, visant à améliorer l’information du public et la prévention, à conforter la recherche et à adapter les modalités de surveillance.

En attendant l’ANSES

Les rapports émis dans le monde entier sur le cas spécifique de la 5G (malgré le manque de données à long et moyen terme) sont concordants. Ainsi, la FDA américaine, le Public Health britannique, le BFS allemand et l’Istituto Superiore di Sanità italien en arrivent à la même conclusion s’agissant de l’absence de risque spécifique lié aux ondes de la 5G.

Mais ce rapport (et ceux des autres pays) est-il en mesure de rassurer les français et l’opposition ? Sur ce point, le gouvernement s’engage à la « transparence maximale ». Les travaux de l'Agence nationale de sécurité sanitaire seront remis en mars 2021.

C.H.

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Vos réactions (2)

  • Suppression du mot "spécifique" dans le titre de l'article

    Le 18 septembre 2020

    J'adore la formulation : "absence de risque spécifique lié aux ondes de la 5G".
    Ce qui est important dans cette phrase, c'est le mot "spécifique" (mot que l'on a supprimé dans le titre de l'article).
    Cela veut dire que les risques liés à la 5G ne sont pas différents des risques liés aux autres ondes électromagnétiques.

    1) Affirmer cela est déjà critiquable car on n'a en fait aucun recul pour l'affirmer d'autant plus que les installations déjà existantes fonctionnent sur des fréquences encore basses utilisées pour la 3G et la 4G. Mais il est prévu d'aller beaucoup plus haut.

    2) En admettant même qu'à dose égale d'irradiation, le risque ne soit pas différent, force est de constater que les doses ne seront pas les mêmes.
    -D'une part parce que la 5G ne remplacera pas la 3G et la 4G mais viendra s'y rajouter, ce qui aboutira à une multiplication par trois de la puissance amenée (et donc dissipée) aux pylônes existants(Les alimentations ont été renforcées).

    -D'autre part parce que la 5G va susciter la multiplication des objets connectés de toutes sortes aboutissant à un électrosmog omniprésent et bien plus intense.

    Pour ceux qui ne croient pas à l'augmentation de puissance électrique consommée et dissipée dans notre environnement, voir : https://reporterre.net/Trop-energivore-la-5G-est-coupee-la-nuit-en-Chine

    Pour ceux qui ne croient pas à la nocivité des ondes électromagnétiques, voir : https://www.phonegatealert.org/cancers-cerveau-glioblastomes-2018-sante-publique-france
    En trente ans, multiplication par quatre du nombre de glioblastomes.

    Bien sûr il y aura toujours des rationnalisateurs ou des gens qui y ont intérêt financier pour prétendre que rien ne prouve que cette augmentation du nombre de glioblastomes est due aux ondes.
    Comme disait ma grand mère, il n'est pire sourd que celui qui ne veut entendre.

    Dr Joël Delannoy

  • Ligne éditoriale du JIM

    Le 18 septembre 2020

    Je note que vous avez retenu le rapport de l'ANSES de 2013 en évitant soigneusement de citer celui de 2018, et pour cause !
    Il contient quelques petites perles comme cette étude en double aveugle démontrant que 3 heures de wifi dans l'après-midi réduisent le temps de sommeil paradoxal de volontaires sains ou cette étude qui démontre que les rats recherchent l'endroit le plus éloigné de la wifi pour s'endormir (ils ont compris que la wifi diminuait le sommeil profond récupérateur) toutes études réalisées par l'ANSES elle-même.

    Sans doute le rapport ANSES 2013 est-il plus proche de la ligne éditoriale du JIM que celui de 2018?

    Dr Jean-Jacques Perret

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