8 novembre : vaste mouvement infirmier annoncé

Paris, le vendredi 14 octobre 2016 - Après une première journée d’action initiée par la Coordination nationale infirmière (CNI) le 14 septembre dernier, face aux dégradations des conditions de travail, les principales organisations d’infirmier(e)s salarié(e)s lancent un appel commun à la mobilisation infirmière le mardi 8 novembre 2016. S'engagent ainsi ensemble de façon unitaire les syndicats infirmiers CNI, SNPI, SNIES, SNICS, les organisations d’IADE (infirmiers anesthésistes diplômés d'État) SNIA, ANEIA, CEEIADE, les organisations d’IBODE (Infirmiers de bloc opératoire diplômé d'état) UNAIBODE, AEEIBO et les organisations de puéricultrices ANPDE et SPL.

Huit revendications du SNPI

Le Syndicat national des professionnels infirmiers SNPI CFE-CGC a déposé un préavis de grève concernant l’ensemble des professionnels infirmiers (infirmières, cadres, infirmières spécialisées) de la fonction publique et du secteur privé (lucratif ou participant au service public hospitalier), le mardi 8 novembre 2016 (du lundi 7 novembre 19h au mardi 8 à 24h).

Il revendique la reconnaissance de la pénibilité par un départ anticipé en retraite ; une revalorisation salariale conforme au niveau de responsabilité ; l’élargissement de l’exclusivité d’exercice des IADE et IBODE ; la réactualisation du décret d’actes infirmiers pour couvrir les pratiques actuelles ; la détermination de ratios infirmiers au lit du patient par spécialité ; la création d’une spécialisation en santé mentale après une formation en Master ;la reconnaissance en Master des formations IBODE, puériculture et cadre infirmier ; et le retrait de l’article 51 de la loi Bachelot HPST avec ses transferts d’actes et la déqualification des soins.

Et des oppositions

Le SNPI s’oppose aux restructurations comptables en groupements hospitaliers de territoires (GHT) ; aux fermetures de lits (100 000 en 10 ans) et aux suppressions de postes des Plans de retour à l’équilibre (PRE) ; et au plan ONDAM triennal de 3,5 milliards d’économies sur les hôpitaux, soit selon le syndicat 16 000 lits et 22 000 postes à supprimer. Il refuse d’autre part que des auxiliaires de vie des pays de l’est puissent faire un exercice partiel de la profession infirmière (texte présenté au Haut conseil des professions paramédicales).

Un projet d’ordonnance autoriserait en effet des ressortissants de pays de l’UE ayant un diplôme de soins non compensable à réaliser tout ou partie des activités relevant de la profession d’infirmier, d’IADE, d’IBODE ou de puéricultrice infirmière, avec des métiers intermédiaires entre aide-soignant et infirmière, type « auxiliaire en plaie et cicatrisations » ou « assistant de soins en diabétologie », sans aucune formation française. Il s’agit de pays où l’activité infirmière exercée est si différente de la profession en France que l’application de mesures de compensation reviendraient à imposer au professionnel de suivre le programme complet de formation requis pour avoir accès à cette profession.

Tous ensemble

« Mobilisons-nous ! » lance l’Unaibode (Union Nationale des Associations d’Infirmièr(e)s de Bloc Opératoire Diplômé(e)s d’Etat) invitant l’ensemble de la spécialisation, uni dans un même combat, à se rassembler pour soutenir les revendications menant au respect de la condition infirmière, et appelant aussi le ministère à respecter ses promesses.

Le Syndicat National des Infirmier(e)s Anesthésistes(SNIA) appelle l'ensemble de la filière IADE et au-delà, l'ensemble des filières infirmières de soins généraux et spécialisés, à converger dans le mouvement de contestation du 8 novembre prochain. « Un socle revendicatif commun et spécifique des filières infirmières est en préparation. Les revendications unitaires ne manquent pas dans le climat de défiance inégalé au sein des services de soins et devant le peu de considération qu'inspire nos professions aux tutelles » souligne le syndicat.

Le CEEIADE (Comité d’entente des écoles d’IADE)rend compte de conclusions plus que décevantes d’une réunion le 6 octobre à la DGOS pour les négociations indiciaires, devant lesquelles les organisations professionnelles du monde infirmier sont appelées à exprimer leur mécontentement lors du mouvement du 8 novembre. « Cet appel relayé par les grandes centrales syndicales est une opportunité pour toute la profession de faire entendre sa colère d’une seule voix », déclare le CEEIADE qui s’associe aux autres organisations pour participer à cette journée de manifestation et de mobilisation du monde infirmier.

Dominique Monnier

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Vos réactions (1)

  • Le Sniil rejoint le mouvement et appelle à manifester

    Le 14 octobre 2016

    Ce mardi 8 novembre aura lieu une journée de contestation infirmière. Initiée par des syndicats infirmiers salariés, cette manifestation regroupe désormais 12 organisations du public, privé, scolaire, cadres, enseignants, et spécialistes (puéricultrices, IADE, IBODE).
    Aujourd’hui, face aux difficultés que rencontrent aussi les infirmières libérales, le Sniil, syndicat infirmier libéral représentatif, rejoint ce rassemblement : et appelle les 116 800 infirmières libérales de France à manifester également ce 8 novembre pour montrer massivement leur mécontentement.
    Ce jour-là, c’est donc à une manifestation réellement unitaire, rassemblant la profession de santé la plus importante de France (660 611 infirmières et infirmiers), que l’on assistera.

    En effet, malgré certaines divergences de vues, force est de constater que ce sont bien tous les infirmiers et infirmières de France, tous modes d’exercice confondus, qui subissent manque de reconnaissance et de considération. Ainsi, comme leurs consoeurs et confrères salariés, les infirmières libérales sont victimes :
    - d’une dégradation de leurs conditions de travail, avec multiplication des agressions physiques au domicile des patients ou lors de leurs déplacements,

    - de la non-reconnaissance de la pénibilité de leur travail, malgré une obligation de continuité des soins 24h/24h et 7j/7j,

    - de l’obsolescence du décret d’actes infirmiers, mais aussi, en ce qui concerne leur exercice propre, de la Nomenclature Générale des Actes Professionnels.

    Par ailleurs, les infirmières libérales, professionnelles de santé les plus proches de la population par leur nombre mais aussi par leur répartition sur le territoire1, revendiquent également :
    - des concertations régulières, au même titre que les médecins, sur tous les sujets de santé publique (exemple : débat sur la vaccination s’effectuant sans infirmières libérales !),

    - une consultation de leurs représentants pour tout changement dans leur exercice (exemple : mise en place de délégation d’actes infirmiers aux aides-soignants réalisée sans aucune concertation !),

    - une protection maternité identique à celle prévue pour les femmes médecins dans le PLFSS 2017,
    - et, surtout, la prise en compte de l’ensemble de leurs compétences qui, si elles étaient toutes utilisées, pourraient être source d’économies. Et c’est ainsi qu’au lieu de chercher à rogner comme d’habitude dans le budget de la Sécurité Sociale (4Mds€ d’économies prévues dans le PLFSS 2017), le gouvernement devrait avoir le courage politique de donner aux infirmières libérales de nouvelles attributions (suivi des malades chroniques et des personnes âgées en risque de dépendance avec information au médecin traitant ; élargissement du droit infirmier à vacciner…). Ou plus simple encore, de permettre l’inscription dans leur nomenclature de nouveaux actes (suivi infirmier en surveillance post-ambulatoire de plusieurs pathologies ; prise en charge de patients psychiatriques…).

    Enfin, conscient de la nécessaire unité dans la revendication, le Sniil invite l’ensemble des autres syndicats infirmiers libéraux à rejoindre le mouvement du 8 novembre. Et à se rassembler ce même jour pour défendre la condition infirmière, parmi laquelle celle des libéraux.
    Pour tout contact :

    Annick Touba, Présidente Nationale Sniil (06.62.69.64.91)

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