Accompagnement des patients diabétiques: l’apport des pharmaciens démontré

Paris, le mardi 9 février 2016 - Quatre études nord-américaines, une australienne et une indonésienne, toutes publiées au second semestre 2015, montrent l’efficacité médico-économique de l’intervention des pharmaciens auprès des patients diabétiques, au-delà de la simple dispensation de produits de santé. C’est ce que révèle une revue de synthèse effectuée par l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO) qui a également comparé les conclusions de ces études avec celles de travaux scientifiques antérieurs, ainsi qu’avec celles rencontrées dans le contexte français du dispositif Sophia mis en place par la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS).

Une méta-analyse de 25 études montre ainsi que l’inclusion des pharmaciens dans le système de gestion de leur diabète par les patients procure à ces derniers une meilleure qualité de vie pour un coût global inférieur à celui généré par le système classique de surveillance et de soins. Les économies qui semblent supposer un meilleur contrôle de leur pathologie par les malades oscillent entre 8 dollars et 85 000 dollars par patient et par an.

De son côté, une étude canadienne dans laquelle des pharmaciens ont été associés au dosage de l’hémoglobine glyquée en officine montre qu’une majorité des patients diabétiques n’ont pas un contrôle correct de leur pathologie et que l’intervention du pharmacien a un impact positif sur leur parcours de santé. Les auteurs suggèrent ainsi qu’il serait opportun de réaliser un dépistage délocalisé en officine pour mieux détecter les hyperglycémies.

Intégrer les pharmaciens au programme Sophia

Les résultats de ces études récentes confirment ceux publiés au cours des dix dernières années. L’USPO rappelle ainsi que « l’apport des pharmaciens d’officine dans les dispositifs d’accompagnement des diabétiques a été souligné par 11 parutions scientifiques publiées entre 2005 et 2013 ». L’amélioration significative de l’hémoglobine glyquée est ainsi validée dans toutes les études, dès lors que cet indicateur est suivi. Par ailleurs, 2 études états-uniennes qualifient de « stratégie dominante » l’accompagnement par les pharmaciens de la prévention des pathologies cardiovasculaires des diabétiques. Deux autres publications montrent enfin que, aux Etats-Unis, des employeurs ont décidé de financer directement le service officinal de suivi sanitaire, diététique,  social et d’organisation du parcours de soins de diabétiques.

En revanche, en France, les évaluations du programme Sophia d’accompagnement personnalisé du patient diabétique piloté par la CNAMTS montrent une moindre efficacité du dispositif avec des risques identifiés de « surcoût à court terme pour l’Assurance maladie ».

Cette dernière qui a organisé Sophia autour d’un centre d’appel avec des infirmières salariées et des médecins libéraux ne sollicite les officinaux que pour faire la promotion du programme auprès des patients. Cependant, note l’USPO, « l’intégration des pharmaciens peut s’inscrire dans une nouvelle étape du programme Sophia, au regard des résultats peu concluants de plusieurs années de fonctionnement ». Les nombreuses études d’évaluation qui existent sur ce thème devraient ainsi permettre « d’éclairer les débats sur l’opportunité d’inclure les pharmaciens » au programme, « dans l’intérêt des patients diabétiques ».

Benoît Thelliez

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Vos réactions (1)

  • Pas rapide !

    Le 10 février 2016

    Il a fallu 10 ans à la CPAM et la CNAMTS pour s'apercevoir que les pharmaciens sont en première ligne dans le traitement du diabète avec la création de SOPHIA...pas rapide!

    Pierre Heral

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