Aedes en Asie : le péril jaune ?

Paris, le lundi 11 avril 2016 - Une alerte pour les pays concernés par la dengue vient d’être publiée sur le site de la société internationale des maladies infectieuses, ProMed. Considérant la vitesse d’extension des épidémies de Chikungunya et de Zika dans les territoires qui en étaient exempts et sachant que l’Aedes aegypti, vecteur de la dengue, peut transmettre la fièvre jaune, une propagation de celle-ci leur semble possible dans les régions où sévit la dengue.

Depuis décembre 2015, une épidémie de fièvre jaune née dans la capitale de l’Angola,  Luanda, s’est propagée autour de Luanda, dans d’autres provinces du pays et jusqu’en RDC limitrophe, faisant des centaines de morts. L’épidémie perdure à ce jour, des cas ont même été importés au Kenya où l’extension d’une épidémie urbaine n’est pas exclue.

Des cas asiatiques malgré les obligations vaccinales

Jusque là on restait en zone d’endémie connue. Mais voici que plusieurs cas de fièvre jaune ont été importés de Luanda en Chine (Pékin et Shanghai).  C’est ce qui alerte les infectiologues épidémiologistes, qui y voient  un risque d’implantation du virus amarile en Asie.

En effet, si le risque de cas secondaires est faible aujourd’hui à Pékin comme à Shanghai car la saison n’a pas débuté, dans les provinces du sud  ce risque est réel car l’Aedes des formes urbaines de fièvre jaune est présent toute l’année.

Comment a pu se faire l’importation ? Pour entrer en Angola il faut « normalement » être immunisé contre la fièvre jaune (carnet international obligatoire). Vu l’efficacité du vaccin antiamarile, on imagine que ces chinois ont pu passer outre l’obligation vaccinale, l’entreprise qui les envoyait travailler en Angola n’ayant pas jugé bon de les vacciner. Et  comment ont-ils pu retourner en Chine où la vaccination antiamarile est obligatoire pour toute personne en provenance d’une zone d’endémie ?

300 millions de chinois … émoi émoi émoi

Les catastrophistes indiquent que les premiers cas de fièvre jaune ne seraient pas diagnostiqués à temps en Chine (maladie non courante, ressemblant à une dengue hémorragique ou une hépatite) ce qui laisserait la possibilité à une épidémie de prendre une tournure désastreuse : 20% de mortalité, disponibilité des vaccins plus que douteuse pour 300 millions de chinois vivant dans les zones concernées, d’autant que l’on puise encore dans le stock de vaccins pour la campagne de vaccination entreprise en Angola… et 17 autres pays concernés !

D’autres remarquent, plus sereinement : les épidémies urbaines sont une chose, très préoccupante, mais pour que la fièvre jaune devienne endémique dans une zone il faut qu’un réservoir enzootique (singes) se crée et perdure, avec les vecteurs correspondant. Encore un risque de maladie vectorielle à suivre.

Dr Blandine Esquerre

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