Affections psychiques reconnues comme maladies professionnelles : augmentation dans le secteur de la santé

Paris, le mardi 16 janvier 2017 – Si le nombre de maladies professionnelles est en baisse dans notre pays (48 762 contre 50 960 en 2015), un rapport de l’Assurance maladie rendu public aujourd’hui constate la forte augmentation de la reconnaissance d’affections psychiques en accident du travail (+ de 10 000 en 2016) et en maladies professionnelles (596 en 2016, + 40 % en un an). Il s’agit principalement de dépressions (77 %), de troubles anxieux (11 %) et d’états de stress post-traumatique (10 %).

Cet accroissement s’explique par la hausse des demandes qui sont ainsi passées depuis 2012 de 200 à 1 100 et devraient « avoisiner 1 500 en 2017 ». Il signe la sensibilisation progressive de la société à cette problématique.

Cette prise de conscience serait néanmoins encore insuffisante : l'organisme juge en effet que les chiffres seraient sous-estimés et qu’il y aurait, en fait, 20 000 cas d'accidents du travail liés à des risques psychosociaux par an ! Remarquons également que la procédure aboutit dans 50% des cas contre 20% pour les autres pathologies, ce qui fait de la France le pays européen le plus sensible à ces syndromes.

Malheur aux femmes de 40 ans dans le secteur de la santé…

Ces « affections psychiques » qui touchent majoritairement des femmes (60 %), d’un âge moyen de 40 ans, peuvent avoir pour origine soit un choc ou un stress lié à un événement violent indépendant de l’entreprise (agression, braquage, attentat sur le lieu de travail) soit directement les conditions de travail.

En termes de secteurs d’activité, le triste podium est occupé par le médico-social (18 %), le transport (15 %) et le commerce de détail (13 %).

D’autre part, contrairement à une idée répandue, ce ne sont pas les jeunes cadres dynamiques qui sont les plus touchés, mais d’abord la catégorie des employés, devant celle des ouvriers.

Notons aussi que la durée des arrêts de travail est ici particulièrement longue, 112 jours contre 65 en moyenne.

Soulignons cependant que leur prise en charge ne représente (pour le moment…) que 230 millions d’euros en 2016 (sur 8,2 milliards) contre plus d’un milliard pour les lombalgies et huit cents millions pour les troubles musculo-squelettiques.

Pour conclure, l’Assurance-maladie invite les entreprises à renforcer leurs actions de prévention en la matière et encourage les salariés à se tourner vers les représentants du personnel.

Frédéric Haroche

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