Agnès Buzyn, favorable à titre personnel à l’autorisation de l’euthanasie

Paris, le vendredi 19 mai 2017 – Emmanuel Macron s’est peu exprimé sur les questions éthiques durant sa campagne. Concernant l’accompagnement de la fin de vie, dans nos colonnes, le professeur Jérôme Salomon, l’un de ses porte-parole sur les questions de santé, avait souligné la nécessité de prendre le temps d’évaluer l’application de la nouvelle loi avant d’envisager d’autres évolutions. « Il faut éviter l’accumulation législative qui est presque néfaste » avait-il jugé. De son côté, l’encore candidat Emmanuel Macron renchérissait dans les colonnes de la Croix : « Sur ce sujet, céder aux oukases des uns ou des autres n’est pas une bonne chose ». Il ajoutait en outre « Je suis favorable à ce que le débat avance mais je ne me précipiterai pas pour légiférer ». Il est donc peu probable qu’une loi légalisant l’euthanasie et/ou le suicide assisté ne soit défendue au cours de la mandature à venir.

L’accès des couples de femmes à la PMA, ce n’est pas encore maintenant

Le professeur Agnès Buzyn, nouveau ministre de la Santé, aurait pourtant probablement pu assumer la responsabilité de porter une telle évolution. Comme le rappelle le site Famille Chrétienne, celle qui était alors présidente de l’Institut national du cancer (INCA) s’était déclarée favorable « à l’espace de liberté » créé par la loi belge sur l’euthanasie, à l’occasion d’un colloque sur ce sujet organisé par le Grand Orient de France en 2015. Néanmoins, alors que cette manifestation concernait plus précisément la fin de vie des enfants et que la loi belge comporte des dispositions spécifiques concernant les plus jeunes depuis 2014, Agnès Buzyn avait souligné que son expérience de médecin hématologue ne l’avait pas confrontée à des enfants désirant qu’on les aide à mourir. « A la lumière de mon expérience, je peux affirmer que les enfants en fin de vie ne demandent pas à mourir. Ils n’ont pas peur de la mort. Ce qui les rends malheureux, c’est de décevoir leurs parents et de leur faire de la peine » avait-elle témoigné, manifestant une nouvelle fois l’importance pour elle de son expérience au chevet des patients. Plus certainement, sur le terrain éthique, Agnès Buzyn pourrait se voir confier la défense d’une loi élargissant l’accès à la procréation médicalement assistée aux couples de femmes.

C’est le seul point dans le domaine éthique sur lequel Emmanuel Macron s’est engagé de manière ferme. Cependant, il a répété à plusieurs reprises qu’il souhaitait avant de programmer une loi attendre l’avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) sur le sujet, qui devrait se prononcer très prochainement.

Léa Crébat

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Vos réactions (1)

  • Euthanasie ou suicide

    Le 23 mai 2017

    On peut fort bien être favorable à l'euthanasie médicale, c'est à dire à la définition et l'encadrement de pratiques susceptibles de hâter le décès des mourants, et s'opposer à l'assistance au suicide.

    PR

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