Après le suicide de l’Hôtel-Dieu, un syndicat met en cause l’AP-HP et sa direction

Paris, le jeudi 8 mars 2018 – Le suicide d’une technicienne de laboratoire au sein même des locaux de l’Hôtel-Dieu porte à cinq le nombre d’autolyses d’agents de l’AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris) depuis le début de l’année selon le décompte du syndicat Sud Santé. Pour Christophe Prudhomme, membre de l’AMUF (Association des médecins urgentistes de France) et de la CGT, la responsabilité de l’institution et de sa direction générale ne saurait être niée dans ces drames.

Aussi, interrogé sur Europe 1, il a argué que le geste désespéré de cette laborantine ne pouvait s’expliquer que par les conditions de travail, la situation de l’hôpital public et celle de l’AP-HP en particulier. « Elle avait alerté pour dire qu’elle allait passer à l’acte et souhaitait que son suicide serve à quelque chose. Elle voulait faire savoir ce qu’elle avait subi : la succession de contrats à durée déterminée, le fait qu’elle avait été obligée d’aller au tribunal administratif pour obtenir le paiement des heures supplémentaires et son attente de titularisation depuis de nombreuses années » a-t-il ainsi rappelé. 

Fort de ce constat, et prenant l’exemple de France Telecom, le Dr Prudhomme a fait valoir son souhait que Martin Hirsch, le directeur général de l’AP-HP soit « condamné ». En effet, pour l’urgentiste, ce drame et ceux qui l’ont précédé s’expliquent par les « mesures d’économies budgétaires intolérables à l’AP-HP » et « l’attitude méprisante » de la direction dont les déclarations en faveur de l’humanisation de la structure parisienne ne seraient que des palabres.

Enfin, il a annoncé que la CGT allait saisir l’inspection du travail pour que s’ouvre une enquête. 

Xavier Bataille

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