Assistants médicaux : les syndicats claquent la porte !

Paris, le jeudi 7 février 2019 – Après des annonces très séduisantes (50 000 € par an en échange de l’embauche d’un assistant médical), la promesse s’est réduite à peau de chagrin et la fracture entre l’Assurance-maladie et syndicats de médecins libéraux semblait inévitable sur la question des assistants médicaux.

Ainsi, selon les premières informations qui ont pu filtrer, réunis ce matin pour la deuxième séance de négociation, les syndicats de médecins libéraux ont demandé, dès son ouverture, une suspension de la séance, avant de quitter le siège de la CNAM.

La goutte d’eau aura été la dernière idée de l'Assurance maladie qui a esquissé deux profils d’assistants médicaux, l’un administratif, l’autre se rapprochant de l’aide-soignant. Pour bénéficier des aides (qui restent à définir) liées à ces assistants médicaux du deuxième type, l'Assurance maladie estime que le médecin devra justifier d’avoir doublé son "rendement" de consultations, en passant de trois à six par heure !

« Vouloir quantifier précisément par médecin le nombre de consultations à faire par heure (6 consultations par heure !) est contraire aux besoins personnels de chaque patient, et à l’éthique médicale. Les médecins ne peuvent partager cette vision productiviste de leur activité » résume la CSMF (Confédération des syndicats médicaux français) quand le SML (Syndicat des médecins libéraux) s’exclame : « à cette occasion l’Assurance maladie a montré qu’elle considérait les médecins, et qui plus est les médecins généralistes, comme des ouvriers spécialisés du soin travaillant à la chaîne avec des impératifs de cadence ».

Néanmoins, ces organisations ne ferment pas encore la porte, puisqu’elles prévoient de revenir autour de la table mercredi prochain, porteuses d’une « contre-proposition »…

F.H.

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Vos réactions (13)

  • Attitude scandaleuse des caisses

    Le 07 février 2019

    Dommage que cet article ne soit pas publié dans la presse non médicale. Les citoyens comprendraient parfaitement ce qui est en jeu dans ce jeu de dupe. Et pourquoi pas décider de l'organisation de travail des médecins tant qu'on y est. Voilà vers quoi les caisses veulent aller: un contrôle de plus en plus coercitif des médecins libéraux.

    Même les directions hospitalières n'imposent pas un nombre de consultation horaire. C'est honteux de voir à quel point les médecins sont déconsidérés dans la part la plus noble de leur exercice en voulant leur imposer une vision stakhanoviste de leur métier.

    Dr Pierre-André Coulon

  • Surtout ne laissez pas passer cette aubaine !

    Le 07 février 2019

    L'état rempli la barque des médecins de stupidités réglementaires (et ce n'est pas terminé vu les fous furieux qui gèrent la santé), propose une aide pour payer des assistants qui ne feront rien de plus que le travail de l'administration...puis il baisse la subvention ...et le tour est joué...les médecins libéraux prennent en charge une partie du fonctionnement de la sécu.

    Surtout ne laissez pas passer cette aubaine!

    Dr Yves Delorge




  • Tout à y perdre

    Le 07 février 2019

    Si les médecins pouvaient doubler leur nombre de patients vus avec un assistant, ils se le payeraient eux-mêmes. Déjà on ne double pas ses patients du jour au lendemain même si on a quelques jours d'attente pour le non-urgent. Accélérer va vite tourner à bâcler, les médecins risquent de s'auto-dévaluer, auront moins de temps pour construire une vision complète de leur prise en charge, les symptômes d'appel vont être traités mais le patient incomplètement. Plutôt que de les conseiller au moment ad-hoc, nous battrons le fer à froid en envoyant nos patients dans des groupes d'ETP pour ceux qui voudront bien se prêter au jeu. Vu l'inertie humaine et le temps de se construire une confiance en l'autre pour certains, nous ne sommes pas sortis de l'auberge.

    Dr Pierre Serveille

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