Augmentation inquiétante des décès par overdose en Europe

Lisbonne, le mercredi 7 juin 2017 - L'arrivée des traitements de substitution aux opiacés a constitué un tournant majeur dans la lutte contre les drogues. L'adoption de programmes de réduction des risques basés notamment sur le recours à la buprenorphine et à la méthadone a contribué dans de nombreux pays à une diminution parfois spectaculaire du nombre de décès par overdose liés à la consommation d'héroïne. Mais la guerre contre la drogue et notamment contre les conséquences mortelles de la consommation d'opiacés est pourtant loin d'être gagnée comme en témoigne le nouveau rapport publié par l'Office européen des drogues et des toxicomanies.

Des substances de synthèse de plus en plus nombreuses

Après des années de recul, le nombre de décès par overdose connaît en effet une nouvelle progression dans les pays de l'Union européenne, en Norvège et en Turquie (8 441 décès en 2015, + 6 % par rapport à 2014). L'héroïne n'est plus seule en cause. Le détournement des traitements de substitution tue parfois plus que l'héroïne : c'est le cas en France, au Danemark, en Irlande et en Croatie. Face à ce phénomène, l'OEDT presse les états d'adopter les mesures permettant d'éviter le mésusage de ces substances. L'équilibre est cependant complexe à trouver entre la nécessité de facilité l'accès à la substitution et l'importance de contrôler les risques de dérives. Outre le poids de l’héroïne et du détournement des produits de substitution, l'Europe commence elle aussi à être frappée par les fentanyls. Si l'UE ne connaît pas l'épidémie déplorée au Canada et dans certains états américains, on déplore déjà plus d’une cinquantaine de décès en Europe liés à ces substances, tandis que leur diffusion semble s’accélérer. Ils représentaient en effet « plus de 60 % des 600 saisies de nouveaux opiacés de synthèse signalées » en 2015 indique l’OEDT. D’une manière générale, les substances de synthèse continuent à préoccuper des responsables de la lutte contre les drogues. Les produits sont toujours plus nombreux et reposent sur des modes de distribution difficiles à cerner et à contrer. On compte ainsi désormais 620 substances activement surveillées par l’OEDT contre 350 en 2013. Les ventes sont par ailleurs de « plus en plus clandestines » observe l’agence européenne.

Cannabis et cocaïne : les classiques ne se démodent malheureusement pas

Au-delà de ces différentes menaces, notamment celles représentées par les nouveaux opiacés de synthèse, des produits classiques tiennent toujours la vedette. Le cannabis reste la substance la plus consommée en Europe, suivie de la cocaïne, la MDMA et les amphétamines (amphétamine et méthamphétamine). Concernant la cocaïne, les experts de l’OEDT relèvent qu’elle paraît de plus en plus répandue, comme le signalent l’augmentation des saisies mais également des teneurs en hausse retrouvées dans les eaux usées. 

Aurélie Haroche

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